"C'est une victoire dédiée à toutes les victimes de l'amiante malades ou morts par la faute de Saint Gobain qui a camouflé les risques pendant des années" a précisé Raymond Dussauge, à l'origine du recours en 2004 et victime lui aussi comme nombre de ses collègues d'une maladie liée à l'amiante. Le 2 octobre, le Conseil d'Etat après un recours de Saint-Gobain classait le site chalonnais en site amiante...ouvrant la porte à une reconnaissance pour les salariés. Retour sur plus de 5 ans de procédures.

C'est en quelque sorte l'histoire du "pot de fer" contre le "pot de terre"... et après plus de 5 années de procédures, le "pot de terre" a vaincu...même si désormais un autre combat s'engage pour les salariés de Saint-Gobain Isover. En février 2004, les élus majoritaires au comité d'établissement décident de monter un dossier amiante afin d'essayer de classer le site Saint Gobain Isover de Chalon sur la liste des établissements susceptibles d'ouvrir droit à l'allocation de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante (ACAATA). C'est un travail dans l'ombre qui va s'installer des années durant pour collecter toutes les informations susceptibles d'appuyer leurs demandes. En janvier 2005, premier échec pour les salariés avec le refus par l'Etat de classer le site... mais les Chalonnais ne baissent pas pour autant les bras. C'est une requête devant le Conseil d'Etat qui est attribuée quelques mois plus tard au tribunal administratif de Dijon.


En janvier 2007, le tribunal administratif de Dijon oblige à classer le site pour la période 1967 à 1984 mais l'Etat et et Saint-Gobain font appel de la décision à la cour administrative de Lyon. Les salariés n'en démordent pas...le combat doit continuer et le récent écho auprès du tribunal de Dijon leur donne l'envie de poursuivre. Le 24 juin 2008, l'Etat et Saint Gobain sont déboutés à Lyon mais poursuivent devant le Conseil d'Etat cette fois.

Le 11 septembre dernier et après lecture du jugement le 2 octobre, Saint Gobain Isover est définitivement débouté.


Aujourd'hui... c'est une quinzaine de salariés touchés par l'amiante dont un décès, un mésothéliome et deux salariés sérieusement atteint aux poumons et la majeure partie d'entre eux était réunie dans les locaux de l'Union Locale de la CGT en présence du Secrétaire Départemental. Maître Lafforgue, avocat spécialisé du cabinet Tessonière avait souhaité faire également le déplacement.


Désormais, un autre combat s'annonce pour les salariés qui bénéficient du gain de une année sur trois si ils ont travaillé pendant la période 1967-1984 avec 65 % de leur douze dernier mois de salaire... alors que l'amiante a été utilisée jusqu'en 1997 sur le site Chalonnais. 57 salariés sont concernés par les départs anticipés alors qu'une vingtaine sont déjà partis. Si toutefois le combat permettait d'étendre jusqu'à 1997, de nombreux autres salariés du site chalonnais bénéficieraient d'un départ anticipé.


Laurent Guillaumé

Publié dans : Actualité Saint Gobain
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