C.G.T Saint Gobain Cognac

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Celui qui lutte peut perdre… celui qui ne lutte pas a déjà perdu…(À méditer) Tous ensemble, unis nous sommes plus forts.


Une veuve de l'amiante.......

Publié par C.G.T Saint Gobain Cognac sur 11 Mars 2011, 08:29am

Catégories : #Actualité Saint Gobain

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Une veuve de l'amiante triomphe de Saint-Gobain

Pour la première fois, la cour d'appel donne raison à la femme d'un ouvrier d'une usine verrière de Châteaubernard (16) décédé en 2001. Cette décision ouvre la voie à de nombreuses procédures.

 

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«Il y a eu des moments où j'ai eu envie de baisser les bras et de rejoindre mon mari au cimetière. Ma vie est brisée pour le restant de mes jours. » Anne-Marie Saivres est souvent à deux doigts de fondre en larmes. Cette femme fragilisée par dix longues années de procédures vient pourtant de remporter une victoire inédite en France. Le 17 février, la cour d'appel de Bordeaux a confirmé une condamnation de Saint-Gobain pour « faute inexcusable ».

 

Gérard Saivres est mort d'une maladie liée à l'amiante en 2001, à l'âge de 60 ans. Il était entré en 1965 dans l'usine verrière de Châteaubernard, dans l'agglomération de Cognac. Il y a notamment travaillé au magasin, où l'on découpait les plaques d'amiante à la scie, sans protection. « Quand il revenait, son bleu de travail était couvert de poussière. Nous, on en respirait », témoigne sa veuve.

 

Une mort irrémédiable

Selon la CGT, qui a soutenu Anne-Marie Saivres dans son combat, l'amiante était omniprésent. « L'intérieur des fours, les gants, les pinces étaient en amiante. C'est un produit qui ne se déforme pas avec la chaleur du verre », relève Jean-Claude Ouvrard, membre du comité d'hygiène et de sécurité.

Ce matériau, connu depuis l'Antiquité, possède d'innombrables vertus. Mais ses fibres sèment irrémédiablement la mort à une échéance de vingt à trente ans. Dès 1906, une note de l'inspection du travail faisait état de sa dangerosité. Un rapport paru en 1930 enfonçait le clou. En 1946, le législateur a inscrit l'amiante au tableau des maladies professionnelles. En France, il a fallu attendre 1997 pour une interdiction totale.

« Tout le monde sait que Saint-Gobain est l'un des principaux responsables du scandale de l'amiante en France. Le groupe est un pilier du lobby qui a retardé l'interdiction de vingt ans », accuse Me Patrice Moehring. Spécialisé dans ce créneau, cet avocat du cabinet parisien Ledoux a pris en main le dossier de Mme Saivres en 2003.

 

Le « courage » des juges

En 2006, elle a été reconnue éligible au Fiva, le Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante. « On réorientait les plaignants vers le Fiva, parce que les cours d'appel étaient hostiles à la faute inexcusable, en général. Pour Mme Saivres, l'enjeu n'était pas financier, mais moral. Elle s'est battue pour l'honneur de son mari », souligne Me Moehring.

 

Le 18 janvier 2010, le tribunal des affaires sociales de la Charente a reconnu la « faute inexcusable de l'employeur ». Me Moehring salue le « courage » des juges de la cour d'appel qui a confirmé la condamnation. Cette première pourrait faire tache d'huile. Elle a joué un rôle dans le classement en « site amiante » de l'usine de Châteaubernard, classement qui doit paraître au « Journal officiel » en juin.

La CGT fustige les tentatives du groupe pour repousser les délais en niant des évidences. « En cour d'appel, ils ont osé plaider que les fours étaient calfeutrés avec de la laine de verre, alors qu'elle fond plus vite que le verre », rapporte un syndicaliste, Patrick Chartier.

 

« Saint-Gobain a des services de recherche au top, tout ce qu'il faut pour connaître les conséquences. Ils faisaient des bénéfices colossaux, ils auraient dû acheter les protections adéquates », pointe Me Moehring. Les dossiers s'accumulent, chez Everite à Bassens, Gaz de Bordeaux, la SNPE à Bergerac… « Dans les procès de l'amiante, il y a souvent plusieurs morts. Pour la centrale thermique d'Arjuzanx, dans les Landes, on en est à 32, plus que pour la catastrophe d'AZF. On s'attend à 100 000 morts jusqu'en 2025, c'est un fléau qu'on ne mesure pas », souffle l'avocat.

 

« Avec mon mari, on avait prévu des choses. On devait partir en voyage. Je le pleure tous les jours. Je me bats pour les autres, mais ça ne remplacera pas mon mari, qui était un homme adorable », soupire Anne-Marie Saivres.

 

Contactée, la direction de Verallia (nouveau nom de Saint-Gobain) a indiqué « ne pas commenter les décisions de justice ».

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