C.G.T Saint Gobain Cognac

C.G.T Saint Gobain Cognac

Celui qui lutte peut perdre… celui qui ne lutte pas a déjà perdu…(À méditer) Tous ensemble, unis nous sommes plus forts.


une fin de conflit et des grévistes satisfaits

Publié par C.G.T Saint Gobain Cognac sur 2 Mars 2011, 11:04am

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Les salariés d'Onet, le sous-traitant de Saint-Gobain ont mis fin hier à une grève entamée le 16 février.

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Le bonheur d'être sortis d'une situation délicate la tête haute en ayant obtenu des conditions salariales un peu moins médiocres que ce qu'elles étaient auparavant.

 

Tel était le sentiment prédominant, hier soir, dans les rangs des grévistes d'Onet, le sous-traitant de Verallia qu'on continuera sans doute à appeler longtemps encore Saint-Gobain à Châteaubernard. Ces gens d'Onet payés avec un lance-pierres dont la colère (surtout une profonde impression d'injustice) a débordé le 16 février dernier lorsqu'ils ont cessé le travail. Début d'un bras de fer qui aura duré 14 jours, une éternité pour ceux qui ont déjà bien de la peine à joindre les deux bouts en période normale, c'est-à-dire sans amputation de salaire.

Les biscuits du mardi midi

 

Lundi soir, direction et syndicat s'étaient séparés sur un constat d'échec, en particulier sur un point. Le personnel a en effet toujours refusé mordicus qu'une prime dite de « performance » ne soit pas identique pour tout le monde.

 

La direction est donc partie en glissant que « sa porte demeurait ouverte ». Les ouvriers se sont bien gardés d'y glisser même un œil. Et hier, ce sont les représentants des patrons d'Onet qui ont donné rendez-vous aux grévistes à 14 heures. Avec cette fois des biscuits. Lesquels ont immédiatement été saisis par les salariés.

 

Sans entrer dans des détails de grille et de catégories, disons que pour les taux horaires les plus bas, une augmentation de 2,5 % a été obtenue à compter du 1er février, une nouvelle augmentation de 1,7 % devant intervenir au 1er juin. Pour les taux horaires plus élevés, 2 % de plus au 1er février et 1 % au 1er juin. Quant à la fameuse prime de performance jusqu'alors de 110 euros brut, elle passe à 130 pour l'ensemble du personnel.

 

De plus, le non-paiement des heures de grève va être échelonné sur dix mois, ce qui devrait permettre d'amortir un peu le choc…

Enseignements

 

Hier soir, dans le local syndical, Michaël et José entouraient celui qui a porté cette grève sur ses épaules, à savoir Olivier Magique. Lequel a eu la douleur de perdre son père, Lucien, figure du syndicalisme cognaçais, au cours du conflit.

 

« Si ces employeurs n'avaient pas pour stratégie de pourrir le mouvement, mais au contraire d'ouvrir le dialogue, jamais nous ne serions allés si loin », confiait le responsable syndical constatant que l'opinion publique avait été immédiatement derrière eux. « Nous, notre volonté, c'était le dialogue. Et la justice, du moins un peu. Face à un patronat dont la politique salariale est de toujours diviser pour régner, nous avons décidé de rester sages. Pas de pneus brûlés, pas d'entraves aux gars aussi malheureux que nous qui ont dû venir de Clermont-Ferrand où d'ailleurs pour briser notre mouvement. Nous sommes demeurés tranquilles et déterminés. Soudés. En fait, on a été plus forts qu'eux. Peut-être aussi cette direction nous a-t-elle sous-estimés. Sans doute n'a-t-elle pas compris que nous n'étions pas seuls. Heureusement que nous avons pu nous appuyer sur la CGT de Saint-Gobain… »

 

C'est José qui souligne qu'il y a un an, personne ne se parlait au sein du groupe Onet. C'est en tissant des liens, en se parlant, qu'est née une union, une solidarité. « Autour de notre grand frère, Olivier », ajoute José. Lequel Olivier précise qu'hormis ses racines familiales, voilà un an, il n'avait pas la moindre expérience pour piloter un tel conflit.

 

« Je suis fier d'eux, de cette solidarité, de ce calme. On s'est serré les coudes. Lundi soir, il y a un copain qui nous a dit ne plus pouvoir tenir. Trois gosses, sa femme à la maison. On lui a dit de reprendre le boulot. Qu'on tiendrait pour lui », dit Olivier Magique.

 

Lequel espère que désormais, au sein d'Onet, Cognac va pouvoir servir d'exemple. « J'ai reçu un coup de fil d'un délégué du personnel d'une équipe d'Onet à Angoulême. Il m'a demandé comment nous avions fait. Je lui ai seulement répondu que ça se préparait… ».

 

Pour conclure, ajoutons que l'inspection du travail a mis en demeure Saint-Gobain d'installer des toilettes pour le personnel du sous-traitant, lequel n'en disposait pas jusqu'alors. Rappelons pourtant que nous sommes en 2011 et non plus au Moyen Âge…

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