C.G.T Saint Gobain Cognac

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Celui qui lutte peut perdre… celui qui ne lutte pas a déjà perdu…(À méditer) Tous ensemble, unis nous sommes plus forts.


SAINT-GOBAIN CONDAMNÉ

Publié par C.G.T Saint Gobain Cognac sur 2 Février 2010, 09:15am

Catégories : #Actualité Saint Gobain

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L
a veuve de Gérard Saivres, mort en 2001, gagne son procès. Le tribunal reconnaît une faute inexcusable due à l'amiante. 57 procédures sont en cours.




j.pcoffin@charentelibre.fr



C'est une première. Dans le cadre d'une procédure concernant l'amiante, Saint-Gobain a été condamné pour faute inexcusable par un jugement du 18 janvier prononcé par le tribunal des affaires de sécurité sociale de la Charente, à Angoulême». Les représentants de la CGT de l'unité cognaçaise de la société d'emballage ne cachent pas leur satisfaction.


D'abord parce que pour Anne-Marie Saivres, la veuve de leur collègue Gérard, décédé à 60 ans en 2001 d'un cancer provoqué par l'amiante, c'est la fin d'un combat épuisant de dix ans.


Ensuite parce que cette décision devrait, espèrent-ils, faire avancer la cinquantaine de procédures en cours sur le même thème: l'amiante meurtrier omniprésent dans les usines de Saint-Gobain, jusqu'en 1997.

«Après, la législation a imposé un désamiantage, des filtrations, et des équipements spéciaux là où il en restait», précisent Jean-Claude Ouvrard et Patrick Chartier, délégué CGT. Le premier est au comité d'hygiène et de sécurité, le second membre du comité d'entreprise (CE), délégations remplies sur place, à Cognac, et au niveau national pour le groupe.


Chaque jour en ouvrant ses volets, Anne-Marie Saivres voit les trois cheminées blanches et rouges de Saint-Gobain, usine de fabrication de bouteilles dans laquelle son mari, Gérard, a été embauché en 1965. «Dès le départ, il a été en contact avec l'amiante». Il connaîtra d'ailleurs des ennuis de santé quelques années plus tard, suivis de visites médicales, «où on lui dira que tout va bien». Il sera cependant mis à la préretraite en 1998. Sa maladie est reconnue «professionnelle» en 2000.


Cinquante-sept procès en cours


La même année, un médecin indépendant spécialiste de l'amiante déclare que ce dernier est responsable du cancer dont Gérard Saivres est atteint, révélé lors d'examens en centre hospitalier.

«Ce médecin m'invite à constituer un dossier et à demander réparation. Mais après l'annonce de la maladie, considérée comme incurable, j'avais d'autres soucis» témoigne aujourd'hui Anne-Marie Saivres. Elle se contraint à entreprendre les démarches en janvier 2001. Son mari décède trois mois plus tard, le 18 mai.


De leurs côtés, les représentants de la CGT ont entamé depuis longtemps une action pour faire reconnaître «une faute inexcusable de l'employeur».

«En 2004 un médecin a été mandaté par le CE pour travailler sur l'amiante. Ce qui nous a permis de découvrir plusieurs victimes. Certaines ont accepté les dédommagements proposés par Saint-Gobain, sans procédures judiciaires. Aujourd'hui il y a cinquante-sept procès en cours», expliquent Jean-Claude Ouvrard et Patrick Chartier.


Anne-Marie Saivres décide de poursuivre Saint-Gobain. «D'abord seule, puis j'ai appelé le syndicat à la rescousse». La CGT enverra six cents lettres aux retraités. Deux cents répondront, eux aussi victimes de l'amiante.


Anne-Marie Saivres est déboutée en 2004. Elle obtiendra l'aide du Fonds d'intervention des victimes de l'amiante en 2006. Elle reviendra six fois à la charge avec la CGT et son avocat maître Ledoux, spécialiste des problèmes liés à l'amiante.


«J'y ai laissé ma santé»


«Neuf ans à me battre. J'y ai laissé ma santé et je prends toujours des calmants» lâche-t-elle entre deux sanglots. «On avait encore plein de choses à faire avec Gérard».


«La reconnaissance de la faute inexcusable de l'employeur par le tribunal d'Angoulême est de bon augure pour les autres victimes de l'amiante», assure Dominique Spinali, délégué CGT.


Ironie de l'affaire, Saint-Gobain était par le passé un important producteur de produits amiantés en France. La société a encore quinze jours pour faire appel de la décision du tribunal d'Angoulême.


La direction de Cognac, hier, se refusait à tout commentaire.

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