Il est toujours agréable de constater que la manipulation est le moyen le plus sur permettant d’obtenir l’asservissement de l’opinion à son auto-prédation. Ainsi, aujourd’hui sont parus deux sondages IFOP, l’un destiné au Figaro et l’autre à la lettre de l’opinion .


La veille de la grêve du jeudi 24 juin, celle-ci demandant l’abandon du projet de loi d’Eric Woerth sur les retraites, que nous apprennent donc ces deux sondages ?. Hé bien tenez-vous bien, ceux-ci nous annoncent que les Français acceptent le recul de l’age légal de la retraite à 62 ans et qu’ils ne font pas confiance aux syndicats sur le dossier des retraites.


Vous êtes surpris n’est ce pas ? et pourtant, comme je le constate régulièrement ( en janvier dernier j’avais pris en flag’ Le Figaro au sujet des retraites) les commentaires, ainsi que les unes du Figaro tirés des données de sondages sont très souvent caviardées lorsqu’il s’agit de la retraite.

Ces deux derniers sondages de l’Ifop vont à rebrousse-poil de tous ceux effectués à ce sujet depuis la fin avril. La semaine dernière encore, 60 % des Français étaient contre la retraite à 62 ans , et à fin avril une majorité d’entres-eux faisaient davantage confiance aux syndicats qu’aux politiques en ce qui concerne le dossier des retraites.


Cette fois-ci il ne s’agit pas d’interprétations erronées des données des sondeurs, comme les fois précédentes, mais de sondages biaisés au niveau de la méthodologie, et l’IFOP pour le coup est responsable.

Comme le note Le Monde au sujet du premier sondage concernant le recul de l’age légal à 62 ans : « Le sondage ne propose pas la possibilité de ne pas se prononcer ». Les échos ont noté eux aussi la même étrangeté sur le second sondage à propos de la confiance des Français accordées aux syndicats: «aucun chiffre ne figure dans la case "ne se prononce pas ».


Sur ces deux sondages, il n’est donc plus possible « de ne pas se prononcer » comme le permettent tous les sondages classiques. Cela peut paraître être un argument à la marge en apparence, et pourtant il s’agit là d’une rupture de la permanence des méthodes par vis à vis des précédents sondages publiés.

L’IFOP s’est donc livré à un changement de modus-opérandi sur ces deux sondages. Ce changement est-il intervenu à la demande de ses clients, je le suppose.


De plus, cet institut fait traditionnellement ses sondages par téléphone, une méthode plus chère que celle basée sur des questionnaire internet qui ont l’avantage d’être low-cost. Opinionway réalise par exemple de nombreux sondages uniquement sur internet. Cet institut s’est d’ailleurs complètement décrédibilisé à la suite du rapport de cour des comptes mettant en lumière sa proximité avec l’Elysée. Pour ces deux sondages, l’Ifop a donc utilisé la méthode low-cost d'opinionway « par questionnaire auto-administré en ligne ». Les doutes méthodologiques sur les résultats de ces sondages « en ligne » demeurent aujourd’hui entiers tant ceux-ci  contredisent de manière flagrante ceux déjà publiés.


Le discrédit est donc jeté sur ces deux sondages, puisque ceux-ci ne recoupent absolument pas ceux, nombreux, publiés ces derniers jours quelques jours auparavant.


Ces sondages publiés la veille de la manifestation ne servent donc que de « caution faussement scientifique » à une désertion de la grêve du 24 juin par les salariés. Bernard Thibault ne s'y est pas trompé, puisque celui-ci vient de déclarer : "les avocats du projet de loi gouvernemental tentent de manipuler l'opinion".


Du beau boulot Le Figaro, encore une fois!


                                          l'objet du désir délit


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