C.G.T Saint Gobain Cognac

C.G.T Saint Gobain Cognac

Celui qui lutte peut perdre… celui qui ne lutte pas a déjà perdu…(À méditer) Tous ensemble, unis nous sommes plus forts.


Maladies du travail......

Publié par C.G.T Saint Gobain Cognac sur 30 Septembre 2012, 12:52pm

Catégories : #Actualité

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Maladies du travail : la résistance s'organise

Après avoir fait condamner Saint-Gobain, Anne-Marie Saivres devient présidente d'une association d'aide aux victimes du travail.


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L'histoire est longue pour Anne-Marie Saivres. Terriblement douloureuse, d'abord, pendant la maladie de son mari, Gérard, ouvrier de l'usine verrière de Châteaubernard Verallia (anciennement appelée Saint-Gobain), décédé en 2001 d'une maladie liée à l'amiante. Interminable, ensuite, dans les procédures judiciaires qui, au bout de dix ans, ont permis de faire condamner Saint-Gobain pour « faute inexcusable » en février 2011. Une première en France.

 

Mais aujourd'hui, Anne-Marie Saivres n'est pas épuisée pour autant. Elle est officiellement la présidente d'une toute nouvelle association, le Collectif interprofessionnel pour la défense des victimes de l'amiante et du travail (Cidvat).

 

 

Dix ans de procédures judiciaires

 

Anne-Marie Saivres parle toujours difficilement de son combat. En 1965, son époux Gérard est entré à l'usine Saint-Gobain de Châteaubernard. Il travaillait notamment au magasin, où l'on découpait les plaques d'amiante à la scie, sans protection. En 2000, son médecin détecte une maladie liée à l'utilisation de l'amiante. Il est mort en 2001, à l'âge de 60 ans.

 

Même si les problèmes médicaux liés à l'amiante sont reconnus comme maladie professionnelle, Anne-Marie Saivres s'est lancée dans un marathon judiciaire pour obtenir la « faute inexcusable » de Saint-Gobain. En 2003, elle passe une première fois devant les tribunaux. En 2004, la veuve a reçu le soutien de la CGT. Son affaire a été prise en charge par le cabinet parisien de l'avocat Michel Ledoux, spécialisé dans ce type de dossiers, en nombre exponentiel. En 2006, elle a été reconnue éligible au Fiva, le Fonds d'indemnité des victimes de l'amiante. Le 18 janvier 2010, le tribunal des affaires sociales de la Charente a reconnu la « faute inexcusable de l'employeur ». Enfin, le 17 février 2011, la cour d'appel de Bordeaux a condamné Saint-Gobain pour « faute inexcusable ».

 

 

Composée de tous ceux qui l'ont soutenue pendant ces dures épreuves, l'asso a pour vocation de venir en aide à toutes les personnes victimes de maladies du travail dans le bassin cognaçais, et pas à Verallia en particulier.

« Qu'ils n'aient plus peur »

 

Depuis la victoire d'Anne-Marie Saivres, le téléphone n'en finissait plus de sonner. Déjà, en mars dernier, la veuve de Gérard Saivres lançait l'idée de centraliser ces appels à l'aide grâce à une association. C'est donc aujourd'hui chose faite.

 

Il aura fallu plusieurs mois à Anne-Marie Saivres, Jean-Claude Ouvrard, Chantal Monteau, Henri Pasteur, Jean-Louis Viaud, Jean-Luc Meunier et Célia Monteau, les sept membres du bureau du Cidvat, pour définir exactement leur rôle. « Nous sommes là avant tout pour aider les gens à constituer un dossier, explique le vice-président de l'association, Jean-Claude Ouvrard. C'est une aide à la démarche. »

 

S'ils estiment être des « néophytes » dans le monde associatif, les sept bénévoles sont forts de leur expérience personnelle, comme Chantal Monteau et sa fille Célia, qui ont aussi perdu un époux et un père à cause d'une maladie liée à l'amiante, ou Jean-Claude Ouvrard qui a vu l'un de ses amis en mourir. De plus, ils sont épaulés par un cabinet d'avocats pour les démarches administratives et judiciaires. « Les dossiers resteront confidentiels, assure Chantal Monteau. Nous pourrons aiguiller les gens vers les bonnes organisations. Mais aussi les rassurer lorsqu'ils reçoivent un courrier officiel. Surtout, qu'ils n'aient plus peur et qu'ils fassent reconnaître leur maladie. »

 

Mais attention, chaque bénévole relativise. « On ne peut pas dire "Vous allez gagner", estime le vice-président. Rien n'est acquis. » Et Chantal Monteau d'ajouter : « Ce sera peut-être une goutte d'eau dans l'océan, mais ce sera déjà une victoire. Nous soutenons les dossiers de leur conception jusqu'à l'obtention de la reconnaissance de la maladie. Ça ne se jouera pas nécessairement devant les tribunaux. Il peut aussi s'agir d'une demande d'entrée en maison de repos. »

 

Car les maladies que le Cidvat veut faire reconnaître vont bien au-delà du monde ouvrier. « Il y aussi celles liées au stress, au harcèlement moral », note Chantal Monteau.

Avoir du soutien

 

Lundi, les sept membres de l'association ont rencontré la député socialiste Marie-Line Reynaud. « C'est bien aussi d'avoir le soutien des personnalités politiques. Nous avons prévu d'aller voir les maires de Cognac et de Châteaubernard, s'ils veulent bien nous recevoir », espère Jean-Claude Ouvrard. Ils se laissent encore un mois avant de lancer la première permanence au local du comité d'entreprise (CE) de Verralia, le 1er novembre, et ensuite tous les premiers mardis de chaque mois.

« Nous voulons mettre les gens à l'aise, les recevoir dans un esprit convivial, avec une bonne tasse de café », ajoute Chantal Monteau.

 

Reste encore à l'association à se trouver un siège social à Cognac. « Parce que certaines personnes qui travaillent à Verralia n'osent pas venir dans les locaux du CE, de peur d'être vues », précise le secrétaire adjoint de l'association, Henri Pasteur.

Une solidarité payante

 

Mais malgré la proximité de l'endroit avec l'usine de verrerie, les bénévoles rappellent que l'association est ouverte à tout le monde. « L'affaire » de Gérard Saivres n'ayant été qu'un déclic… en tout cas pour certains.

Car Anne-Marie Saivres sait que les choses auraient été différentes si la cour d'appel de Bordeaux n'avait pas condamné Saint-Gobain. « Oh oui ! Je n'aurais pas eu la force de continuer… » Tandis que les autres membres, Jean-Claude Ouvrard et Jean-Luc Meunier, assurent qu'ils n'auraient jamais baissé les bras. « Seulement un mot nous anime : la solidarité », conclut Jean-Luc Meunier.

 

Première permanence du Cidvat mardi 6 novembre, de 15 heures à 18 h 15, puis tous les premiers mardis de chaque mois, au local du comité d'entreprise de Verralia, rue des Quillettes, à Châteaubernard.

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