Au cours des 10 dernières années, les très hauts salaires ont augmenté beaucoup plus vite que les revenus des autres salariés, selon l'édition 2009 duPortrait social de la France publié par l'INSEE.


"En 2007, les 1% de salariés à temps complet les mieux rémunérés du secteur privé, soit 133.000 personnes, ont disposé, en moyenne, d’un salaire annuel brut de 215.600 euros", précise l'Insee. C'est 3 fois plus que le salaire moyen des 10% de salariés à temps complet les mieux rémunérés, et près de 7 fois le salaire moyen de l’ensemble des salariés à temps complet du secteur privé (31.984 euros).


L'écart s'est accentué au cours de la période 1996-2007: les très hauts salaires ont gagné 8,5 fois le salaire médian en 2007 (6,6 en 1996), et percevaient 6,8% de la masse salariale totale des temps complets (5,5% en 1996).


On retrouve plus plus de la moitié des très hauts salaires dans trois secteurs d'activité: le conseil et l'assistance, les activités financières et le commerce de gros.


Ecart hommes-femmes


Ces très hauts salaires sont à 95% des cadres, des ingénieurs ou des dirigeants et sont très majoritairement des hommes. "Plus on s'élève dans la hiérarchie salariale, plus la proportion d'hommes s'accroît (55% dans l'ensemble des salariés du privé, 65% pour ceux à temps complet, 79% pour les 10% les mieux payés, 87% pour les très hauts salaires)", remarque l'Institut.


D'une manière générale, le différentiel de salaire entre hommes et femmes reste stable au cours de la période étudiée.


En 2007, dans le secteur privé et semi-public, les salaires nets des hommes progressent en moyenne un peu plus
fortement que ceux des femmes (+1,9% contre +1,6% en euros constants pour les temps complets). Compte tenu de ces données, une salariée à temps complet gagne en moyenne 19,1% de moins que son homologue masculin, contre 18,9% en 2006.


Ce différentiel s'explique selon l'INSEE par le fait que les femmes n'occupent pas les mêmes postes que les hommes. "Pour certaines catégories professionnelles, l’écart est moins important, mais pas pour les cadres et les ouvriers chez lesquels il reste particulièrement élevé, respectivement de 24 % et 17 % du salaire annuel pour les salariés à temps complet", précise l'INSEE.


En 2007, un homme cadre gagnait 51.359 euros par an contre 39.243 euros pour une femme; une ouvrière gagnait 14.890 euros contre 18.006 euros pour un ouvrier.


Au global, dans le secteur privé, le salaire des femmes était 33% inférieur à celui des hommes au début des années 1950. Il est 20% moins élevé en 2000 sachant que ces données ne prennent pas en compte les postes à temps partiel principalement occupés par des femmes.


Dans la fonction publique, l'Insee note que "l'écart se réduit lentement".


Ralentissement du salaire réel


En 2008, le salaire mensuel de base dans les entreprises du privé de plus de 10 salariés a davantage augmenté qu'en 2007 (+3% contre +2,7% en 2007). Pour autant, si l'on tient compte de l'inflation qui a connu un pic au premier semestre 2008, le salaire mensuel de base "ralentit très fortement". Il était en 2008 en hausse de +0,2% contre +1,2% en 2007, selon les données Insee.


Outre l'inflation, la baisse du salaire réel est aussi due à la dégradation du marché du travail en 2008. Le ralentissement de l’activité a été de +0,3% contre + 2,3% en 2007. Son repli à partir du deuxième trimestre, a entraîné de nombreuses destructions d’emplois sur la fin de l’année. Et ça a continué sur le début 2009.


Ce ralentissement en terme réel est observé pour les ouvriers (+0,3%), les employés (+0,2%) et les professions intermédiaires (+0,1%) sachant que les cadres, eux, voient leur salaire réel régresser de 0,1%.


Rémunération nette


Au global, la rémunération nette moyenne pour un poste à temps complet dans le secteur privé et semi-public s’établit en 2007 à 24.016 euros par an (2.001 euros par mois), soit une augmentation de 3,3% par rapport à 2006.


Compte tenu de la hausse des prix à la consommation (+1,5% en 2007), le salaire net moyen a augmenté de 1,8% en 2007 en euros constants. Cette progression est nettement plus forte que celle observée en 2006 (+1,0%) et en 2005 (+0,4%)", précise l'Insee avant d'indiquer qu'il faut remonter à 1999 pour constater une hausse du salaire moyen en euros constants de cette ampleur, mais dans un contexte de hausse des prix plus faible (+0,5%).