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Les discussions patronat-salariés se sont achevées sur un constat d'échec.

 

 

Au douzième jour du mouvement social engagé à Châteaubernard sur le site de Verallia, ex-Saint Gobain, par les salariés d'Onet - le sous-traitant en charge des expéditions -, patronat et représentants du syndicat CGT se sont assis autour de la même table, hier, pour tenter de sortir de l'impasse. En pure perte puisqu'au terme de plusieurs heures de négociations, force était de constater que les deux parties ne pouvaient trouver de terrain d'entente.

 

En fait, à écouter Olivier Magique, le délégué syndical, expliquer le contenu de ces discussions, on a le sentiment que ce sont deux monologues qui ont été tenus de chaque côté de la table, voire au mieux un dialogue de sourds.

 

Les représentants de la direction venus de Marseille pour négocier n'avaient à l'évidence pas la moindre marge de manœuvre, ce qui, à vrai dire, ne constitue pas une surprise. Dans un groupe comptant une cinquantaine de milliers d'emplois, pas besoin d'être grand clerc pour comprendre que lâcher du lest à Cognac reviendrait à devoir en lâcher partout ailleurs.

 

À l'inverse, dans une entreprise aussi tentaculaire, la poignée de ceux qui revendiquent à Châteaubernard pour pouvoir au moins vivre dignement, n'est qu'un tout petit caillou minuscule dans une chaussure vernie d'un dirigeant d'Onet, un sigle signifiant « Office nouveau du nettoyage » né en 1950 en jouant bien évidemment sur le mot homonyme, jeu de mot pour le moins hasardeux à propos duquel on évitera le moindre commentaire.

Refus et « remplaçants »

 

Ainsi donc hier, toutes les demandes et propositions syndicales ont-elles été repoussées.

La direction s'est arc-boutée sur les 1,39 % accordés en janvier, repoussant toutes les contre-propositions du style création d'un treizième mois ou prime de fin d'année.

 

Aux 9,62 euros horaires incluant l'augmentation de janvier, la direction s'en tient aux 10,04 qui seraient accordés en juillet, rien de plus.

 

Pas question non plus de donner suite à la demande syndicale d'accorder 2,5 % d'augmentation immédiatement avec un plancher de 50 euros par mois.

 

« Nous ne réclamons pas la lune. Nous avons vraiment tout fait ce que nous pouvions, consenti des efforts. C'est toujours non, ils ont fermé leur classeur et commencé à faire chauffer les téléphones pour trouver ici où là des gens d'Onet désireux de venir faire le boulot à notre place », résumait hier soir Olivier Magique, fort déçu.

 

Face à ce blocage, il n'y aurait rien d'étonnant à ce que, par solidarité, les salariés de Saint-Gobain, aujourd'hui Verallia, observent des arrêts de travail.