C.G.T Saint Gobain Cognac

C.G.T Saint Gobain Cognac

Celui qui lutte peut perdre… celui qui ne lutte pas a déjà perdu…(À méditer) Tous ensemble, unis nous sommes plus forts.


Les bourses remontent... et ça vous rassure ?

Publié par C.G.T Saint Gobain Cognac sur 12 Mai 2010, 19:03pm

Catégories : #Info sur le net

http://web.mac.com/snepbesancon/SNEP/Dessins_files/Speculateur.jpgAujourd’hui, toutes les bourses ont fait un bon exceptionnel en une seule séance, suite au plan de sauvegarde engagé par les Européens. Tout le monde s’en félicite, et il n’est pas un homme (même de gauche) pour entamer cet optimisme : il fallait le faire. Tout au plus entendons-nous quelques voix pour critiquer le retard de cette mise en oeuvre, qui coûtera quelques centaines de milliards tout au plus… une paille donc, surtout quand ce sont les contribuables (et leurs enfants) qui paieront la facture !

 

Alors donc, comme cela, en deux temps trois mouvements, et pendant que les citoyens inquiets oubliaient l’Europe et son anniversaire, les acteurs économiques et politiques étaient, eux, tout à cet accord « historique » marquant le renouveau de l’Europe politique sur la scène internationale… et surtout au retour de la confiance sur les marchés boursiers. Tout semble s’être arrangé d’un coup de baguette magique, les dettes ont pour ainsi dire disparu. Puisqu’on vous dit que la bourse remonte. Ouf ! se disent ce lundi les citoyens tous ensemble, sûrs d’être protégés dorénavant : l’Europe est sauvée, et nous avec !

 

En un week-end donc, nos gouvernants viennent de signer l’arrêt de mort de toutes les avancées sociales obtenues (souvent dans le sang) par nos aînés, et ont réussi ce tour de force incroyable, en plus, de se faire applaudir par les peuples que l’on a sacrifié à cette occasion. Plus de 700 milliards d’aides promises aux Etats en faillite, ce n’est pas une petite somme pourtant. Cela signifie que si ces sommes venaient à être débloquées (ce qui bien sûr arrivera), nous pouvons dire adieu à nos misérables retraites, à l’emploi, aux salaires.

 

Rassurez-vous, les gros salaires et les émoluments de nos dirigeants ne seront pas (ou très peu) impactés par ces mesures, et en quelques jours d’euphorie les banques et autres organismes financiers auront le temps de faire (encore) une belle culbute. Sur notre dos bien sûr.

 

Car il faut bien regarder à qui profite ce regain de confiance engendré par ce plan d’aide (qui suffirait à peine à couvrir les dettes de l’Espagne si elle venait à ne plus pouvoir rembourser) : aux banques essentiellement, celles-là mêmes qui sont responsables de la crise, que l’on a sauvé une fois, qui se sont tout de même octroyé des beaux bonus malgré la crise, et qui s’en remettent un petit coup aujourd’hui, à l’occasion de la remontée boursière.

 

Mais il ne faut quand même pas oublier que quand les bourses montent, ce ne sont ni des emplois créés, ni l’effacement des dettes en souffrance, et encore moins une bonne nouvelle pour le peuple. C’est tout simplement le signe que les spéculateurs et autres intervenants sur les marchés (ceux qui exploitent le peuple) gagnent de l’argent : pas de quoi se réjouir pour le commun des mortels. Comme lorsqu’une entreprise licencie ou fait un plan social, il n’est pas rare de voir son cours de bourse augmenter : cela signifie que cette entreprise « dégraisse », et promet donc un taux de rentabilité plus élevé.

 

Si l’on suit le raisonnement que j’évoquais dans un précédent article, on peut très bien imaginer ce qui va suivre : quelques jours d’euphorie, puis une stabilisation des marchés, histoire de se remplir les poches bien comme il faut, suivi d’une stabilisation et d’une descente en pente douce d’abord, pour ensuite un défaut de paiement généralisé. Le G20 approchant et la France étant à ce moment aux commandes, le plan d’aide déjà rentré en jeu ou menaçant de le faire permettra aux gouvernants européens de faire subir aux peuples une cure drastique de leur niveau de vie… tous unis contre la crise ! Mais les conditions de déblocage de ce prêt sont particulièrement difficiles, et ne concernent pas que les retraites. En réalité c’est une véritable mise sous tutelle des populations concernées que prévoit ce plan. Que l’argent soit emprunté ou non, il faut quand même bien se rendre compte qu’il va bien falloir le trouver. Comme avec un ménage surendetté, les sanctions qui conditionnent l’octroi de “facilités de trésorerie” sont rudes : l’organisme prêteur impose des taux d’intérêt exorbitants, une mainmise sur la gestion des affaires courantes du ménage, l’obligation de rendre des comptes réguliers… avec comme objectif dernier de laisser végéter ainsi pour qu’il continue à payer, rien que les intérêts… Et face à la débandade générale qui attend l’Europe, ses peuples ainsi dépouillés n’auront pour seul recours que de supplier une aide de la part de leurs dirigeants, qui trouveront par miracle une solution adéquate : une monnaie unique internationale commune permettant de se libérer ainsi de toutes les dettes… ils nous en feront la promesse.

 

Les peuples applaudiront de nouveau, les bourses remonteront une nouvelle fois, et notre sort sera bel et bien scellé : appauvris, sans recours et sans aide, nous tomberont définitivement sous dépendance, la condition pour fermer les yeux sur les dettes. Comme pour un ménage : s’il ne peut vraiment plus rembourser, on finit par le laisser tranquillement sous surveillance, après avoir détruit sa vie. Ceux qui voudront se révolter favoriseront la répression qui justifiera la mise en place non seulement de mesures coercitives renforcées, mais aussi (et en plus du nouvel ordre économique mondial) un nouvel ordre mondial tout court.

 

Ainsi, pris entre le marteau et l’enclume, il ne nous restera plus qu’à nous soumettre aux volontés supérieures nous imposant de nous serrer la ceinture, et à nous taire… pour notre propre bien ! Car le fait est que nous comprendrons alors bien mieux ces réformes dont l’objectif échappait à beaucoup, et aussi pourquoi elles étaient si concentrées en nombre et en temps : c’est qu’il y avait beaucoup de travail à faire pour nous concocter ce petit bijou de révolution. Et avant qu’elle ne se réalise, il fallait que tous les moyens de contestation soient bien verrouillés par la Loi.

 

Après cela, nous pourront toujours pleurer, ou dire que nous ne savions pas. Pour ma part, je pleure déjà : les bourses qui remontent, ça ne me rassure vraiment pas !

 

Caleb Irri

http://www.calebirri.unblog.fr

Commenter cet article