C.G.T Saint Gobain Cognac

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Et si Parisot remplaçait Woerth au ministère du Travail ?

Publié par C.G.T Saint Gobain Cognac sur 22 Septembre 2010, 03:27am

Catégories : #Info sur le net

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A l'heure où la réforme des retraites est en débat au Parlement, le ministre du Travail semble plus que jamais au chômage technique. Débouté par l'Élysée qui se permet de corriger ses interviews, Éric Woerth se fait voler sa place Laurence Parisot. Une personnalité qui a parole de sainteté pour défendre cette réforme, alors que les syndicats sont eux laissés sur la touche.



(Dessin : Louison)
(Dessin : Louison)
Ce matin, les auditeurs de France Inter auront découvert l’identité cachée du véritable ministre du Travail, en charge de la réforme des retraites. Il s’agit de Laurence Parisot, numéro 1 du Medef, et qui a une double casquette puisqu’elle occupe en réalité le poste attribué à ce bon monsieur Woerth, surnommé la crème de Chantilly, ville dont il est maire UMP.

Avec l’affaire qui porte son nom, on comprend qu’Eric Woerth ait d’autres chats à fouetter et quelques dossiers compromettants à éclaircir. Sans l’ombre d’une hésitation, face à Audrey Pulvar,  Laurence Parisot a pris sa place pour défendre avec enthousiasme et conviction la philosophie d’une réforme qui porte la marque de fabrique du patronat.

Cette réforme, a-t-elle expliqué, est bonne en tout points. D’ailleurs, à la croire, c’est la seule possible : ce qui permet de clore le débat avant même de l’avoir ouvert. N’importe quelle autre solution (comme la mise à contribution du capital) aurait forcément pour conséquence de mettre en péril la sacro sainte « compétitivité » des entreprises. La messe est dite. Fermez le ban.

A la simple hypothèse d’une augmentation des cotisations, Laurence Parisot prend les intonations d’Arlette Laguiller pour en dénoncer les conséquences sur le « pouvoir d’achat » et sur les « pensions ». Tant pis si sa réforme (celle dont on attribue la paternité à Eric Woerth)  débouchera automatiquement sur une baisse des pensions, puisque nombre de salariés sans emploi en fin de carrière partiront plus tard en retraite et que leurs revenus futurs en subiront les effets. Pas question de s’expliquer sur ce constat imparable qui contredit tout ce qui se dit et s’écrit sur le sujet. Il faut simplement asséner dans l’opinion que cette réforme est la seule envisageable.
 
Si l’on en croit le sondage CSA publié ce matin par L’Humanité, Laurence Parisot n’est pas au bout de ses peines. En effet, 70% des personnes interrogées affirment leur désaccord avec le report de l’âge légal du droit au départ à la retraite (car ce n’est qu’un droit, pas une obligation). Ainsi plus les jours passent, plus le couple Parisot-Woerth s’explique, plus s’affirme le rejet de leur plan.
 
La patronne des patrons étant prise par France Inter, le grand ami de la famille Bettencourt a été chargé de porter la bonne parole dans Le Parisien. Là encore, Éric Woerth a joué de malchance puisqu’il y a eu deux versions de son interview : une première donnée par lui-même et publiée dans une première édition du quotidien ; puis une seconde, revue et corrigée par l’Élysée, et publiée dans une seconde édition du Parisien, qui s’est bien gardé de prévenir ses lecteurs des changements opérés par une main invisible.
Voici peu, Eric Woerth avait déclaré à propos de l’affaire Bettencourt : « Est-ce que j’ai une tête à favoriser l’évasion fiscale ? » Aujourd’hui, on sait au moins qu’il a une tête à avaler les couleuvres et à endosser un  texte revu et corrigé par les services de l’Élysée. En fait, le ministre du travail est au chômage technique, ce qui est une grande première dans l’histoire de la République.

On en a une preuve supplémentaire avec la dernière proposition de Xavier Bertrand. Le secrétaire général de l’UMP a suggéré d'organiser un « débat public » sur les retraites avec Martine Aubry ou Ségolène Royal. La proposition a un côté ubuesque. En effet, il eut mieux valu organiser une telle confrontation avant que l’Assemblée se soit prononcé sur le sujet, même si rien n’interdit d’éventuels retours en arrière.
Mais surtout, en bonne logique, le débat devrait mettre face à face Éric Woerth et des syndicalistes, non des dirigeants de partis. Or depuis le début, les responsables de la CGT ou de la CFDT ont été tenus à l’écart, au point que l’on s’étonne même qu’ils aient pu se prêter à cette mascarade. On les a invités dans les salons officiels (c’est bon pour la photo), mais on ne les a jamais écoutés. Aujourd’hui, Xavier Bertrand propose de les traiter comme l’Élysée traite Eric Woerth. Ce n’est glorieux pour personne.
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