C.G.T Saint Gobain Cognac

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Celui qui lutte peut perdre… celui qui ne lutte pas a déjà perdu…(À méditer) Tous ensemble, unis nous sommes plus forts.


Débrayage chez un sous-traitant de Saint-Gobain

Publié par C.G.T Saint Gobain Cognac sur 20 Juillet 2011, 10:10am

Catégories : #Actualité

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La moitié des salariés de Cognac Multidécor sont en grève depuis lundi matin.

 

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Les conflits du travail se multiplient dans les entreprises de sous-traitance. Après Onet, c'est au tour des salariés de Cognac Multidécor de se mettre en grève. Depuis lundi matin, la moitié des salariés en CDI de l'entreprise ont débrayé, avec le soutien de la CGT. Le syndicat réclame une revalorisation salariale de 200 euros, l'application de la convention collective des métiers du verre, et une amélioration des conditions de travail.

 

« Avec la pluie, les locaux sont inondés, témoigne Mohamed Benelmkdem, délégué du personnel. Et l'été, il n'y a pas d'évacuation de chaleur, alors que l'on travaille sur des fours à 640 °C ». L'entreprise réalise en effet des décorations sur les bouteilles en verre produites par Saint-Gobain-Verallia. La plupart du temps des bouteilles de cognac.

 

La convention collective des métiers du verre prévoit par ailleurs une « prime au panier » pour le travail en équipe et la rémunération d'une demi-heure de pause par jour. Des versements qui ne seraient effectués que de manière aléatoire par la direction.

 

« Le patron joue sur des définitions pour ne pas nous faire rentrer dans ce cadre. Mais un dossier est instruit à l'inspection du travail », dénonce Éric Langé, délégué CGT. Les ouvriers ne roulent déjà pas sur l'or, avec des salaires compris entre 1 150 et 1 250 euros net. Passant d'abord par la voie du dialogue social, la CGT a adressé un courrier le 9 mai dernier à la direction de Multidécor. Sans réponse. Un nouveau courrier lui a été adressé le 30 mai. Lui aussi resté lettre morte.

 

« Sud Ouest » a tenté en vain d'avoir le point de vue de la direction, injoignable hier.

 

« Extrême paupérisation »

 

Sur 16 salariés au total, l'entreprise compte dix CDI. Parmi eux, six ne se sont pas mis au travail lundi. Ils n'étaient plus que cinq mardi. Pas facile de garder les troupes mobilisées : « Dans l'entreprise, les femmes ont peur des représailles et du harcèlement », justifie Éric Langé.

 

En février 2010, quatre femmes ont été licenciées. Dont trois encartées à la CGT. Les autres salariés sont en contrats précaires, à durée déterminée, et font rarement grève. En comparaison, les salariés des grands groupes, chez Saint-Gobain ou dans les maisons de négoce, ont généralement des salaires et des conditions de travail plus corrects. Mais de plus en plus de tâches sont externalisées vers des sous-traitants qui n'assurent pas les mêmes garanties. Et leurs clients (les groupes donneurs d'ordres) font pression pour baisser les coûts.

 

« À part dans les grandes maisons de négoce, il y a une extrême paupérisation de la population cognaçaise », s'alarme Philippe Buron, secrétaire de la CGT à Cognac. « Il est donc normal que cette situation se traduise dans les luttes. Nous n'en sommes qu'au début », prédit-il.

 

Ce mouvement rappelle celui mené chez Onet, cet hiver. Là encore un sous-traitant de Verallia, ex-Saint-Gobain. Le conflit, qui a duré quatorze jours, est devenu emblématique de la lutte des sous-traitants dans la région. Salaires dérisoires, conditions de travail désastreuses… Les salariés ont fini par obtenir gain de cause.

 

« Dans les entreprises de sous-traitance, on est au bas de l'échelle sociale », note Philippe Buron. Une précarité qui a longtemps bloqué toute action syndicale, comme l'observe le cégétiste : « Il y a un grand désarroi, mais ce n'est pas facile de passer à l'acte. Il y a la peur de porter le flambeau. Il y a quinze jours, je n'aurais jamais pensé que Multidécor aurait débrayé. »

 

Les voilà pourtant lancés dans un bras de fer avec la direction qui pourrait durer. Et faire des émules.

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