C.G.T Saint Gobain Cognac

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CAC40: ma grosse entreprise ne connait pas la crise

Publié par C.G.T Saint Gobain Cognac sur 14 Septembre 2010, 06:27am

Catégories : #Info sur le net

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Les entreprises du CAC 40 affichent des profits en nette hausse dans un pays où la croissance reste pourtant faible. Le secret? Il se trouve apparemment moins du côté d'une croissance mondiale supérieure que de celui d'un fossé de plus en plus élargi entre les bénéfices des entreprises et les salaires…

 

http://www.marianne2.fr/photo/924404-1095060.jpg?v=1284319967Quel contraste ! La publication la semaine dernière des résultats des entreprises composant le CAC40 pour le premier semestre laisse songeur. Cette soudaine embellie tranche avec la faible croissance économique à l’oeuvre en France et, plus généralement, dans le monde. Ensemble, les poids lourds de la cote parisienne, les 40 plus importantes multinationales de l’hexagone, ont réalisé en six mois un profit avoisinant les 42 milliards d’euros, en hausse de 42 % par rapport au premier semestre 2009. A elles seules les 5 premières s’offrent la moitié du gâteau : 5,7 milliards d’euros pour Total, en hausse de 28%, 4,4 milliards pour BNP-Paribas (+39 %), 3,7 milliards pour France Telecom (+45,6%), 3,5 milliards pour GDF-Suez (+9%) et enfin 3,4 milliards pour le laboratoire Sanofi –Aventis (+30 %). A ce rythme-là, selon les analyses du cabinet Lasteyrie Ricol réalisées pour Les Echos, elles devraient terminer l’année avec 84 milliards d’euros en poche. Une étonnante performance, quand la croissance n’a été que de 1,2% au premier semestre dans l’hexagone et devrait péniblement finir l’année sur 2 %.

Alors comment expliquer un tel grand écart ?

Réponse classique des thuriféraires du marché : « c’est normal, ce sont des entreprises internationalisées. Elles réalisent l’essentiel de leur chiffre d‘affaires dans les zones à forte croissance. » Très bien sauf que ailleurs dans le monde, la reprise tarde à montrer le bout de son nez. Le FMI table sur 4,1 % de croissance mondiale, contre des rythmes supérieur à 6% avant la crise. Certes, l’ensemble Chine-Indochine affiche des performances sensiblement supérieures avec une croissance estimée à 9,7 % pour 2010. Mais ces économies ne pèsent que pour 10% du PIB mondial, et les 1,5 milliard de consommateurs de ces pays, qui sont la plupart du temps les clients finaux de ces firmes, sont loin d’avoir le pouvoir d’achat de leurs homologues occidentaux: 1 milliard d'humains, disposant d’un pouvoir d’achat corrigé, 5 fois supérieur….

Sont-ce les plans de relance à l’œuvre de l’autre coté de l’Atlantique ? L’administration de Barak Obama s’est en effet fendue d’un plan de plusieurs centaines de milliards de dollars, lequel devrait permettre « d’acheter » une croissance de 3,2 % en 2010, toujours selon le FMI. Rien n’est moins sûr. Là bas aussi le chômage fait rage. Pour un pays allergique au chômage de masse, le nombre de sans emploi s’élève à un niveau record de 10% de la population active. Si l’on y inclut le chômage caché, ce taux monte à près de 16 %. Et l’avenir s’annonce morose. Le scénario de dépression longue, reprise en forme de W, tient de plus en plus la corde, comme l’ont encore rappelé les économistes Paul Krugmann et Nouriel Roubini. Dans ce scénario, le milieu de la lettre W correspondant au pic de croissance actuel et n’est que le résultat des milliards injectés dans les économies au titre des plans de sauvetage. Bref on achète de la croissance en faisant du déficit, mais cela ne perdure pas et l’on retombe en situation de crise. Voilà qui a fini de convaincre Washington de renouvellé son soutien à l’économie. Barak Obama vient d’annoncer une nouvelle vague de dépenses d’infrastructures pour 200 milliards de dollars.

Reste une hypothèse avancée part Patrick Artus, pour expliquer cette « étrangeté du monde », pour reprendre le thème de l’Université d ‘été du Medef, qui n’a pas abordé la question du grand écart entre les mirifiques résultats des firmes multinationales et l’atonnie de la croissance. Le chef économiste de la banque Natixis a récemment livré son analyse de ce phénomène qui ne se manifeste pas seulement en France. Une telle dichotomie était déjà à l’œuvre dans des pays qui ont depuis la fin des années 90 connu des niveaux faibles de croissance économique tout en ayant des indices boursiers à la hausse, comme l’Allemagne ou le Japon. Cette situation s’étend désormais aux Etats-Unis et à l’ensemble des pays européens. L’économiste avance deux facteurs. Le premier, le plus classique, reprend l’argument de la diversification internationale, permettant aux firmes de « profiter de la croissance nettement plus forte dans les pays émergents que dans les pays de l’OCDE», ainsi que le note Patrick Artus. On a vu les limites de ce premier argument. D’autant plus que les Chinois, par exemple, épargnent 40% de leurs revenus, ce qui laisse peu de place pour consommer massivement des Renault. Reste l’autre composante de cette diversification. En Chine par exemple, 80% de la production dans le domaine électronique est réalisée par des filiales de grands groupes étrangers et celle-ci est exportée à 70%, comme le précisent Michel Aglietta  et Françoise Lemoine dans l’Economie mondiale 2011.

Mais le facteur principal identifié par Patrick Artus s’impose comme étant la déformation du partage des revenus en faveur des entreprises et au détriment des salariés: « Avec la crise, les entreprises d’une part recherchent à améliorer leur productivité, d’autre part à réduire leurs coûts salariaux. »

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