La France est loin d'être championne en matière d'emploi des seniors. Le taux d'emploi des 55-64 ans est très faible (38,4%) par rapport à l'Allemagne (53,8%), le Royaume-Uni (58%) ou la moyenne de l'Union européenne (45,6%), selon les données 2008 d'Eurostat.


Une série de mesures en faveur de l'emploi des seniors, pour la plupart décidées l'an dernier, vont donc entrer en application début 2010 avant que gouvernement ne lance le chantier d'une nouvelle réforme des retraites.

Excepté le maintien, pour l'essentiel, du dispositif en faveur des mères de famille, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2010 présenté jeudi ne compte pas de mesure concernant les retraites.

L'Etat veut d'abord développer l'emploi des seniors.


"Le PLFSS poursuit la mobilisation en faveur de l'emploi des seniors", a déclaré le ministre du Travail Xavier Darcos, affirmant que des mesures déjà en vigueur, comme le cumul emploi-retraite, étaient un "succès".


Poursuivre cette politique


Insistant sur la poursuite de "cette politique volontariste", il a annoncé l'instauration en 2010 d'une nouvelle mesure pour permettre aux invalides dont le niveau d'incapacité rend possible la poursuite d'une activité de continuer à travailler au-delà de 60 ans.


Quant aux entreprises, le ministre a rappelé que celles qui n'auront pas négocié cette année un accord, ou élaboré un plan d'actions sur l'emploi des seniors, devront s'acquitter d'une pénalité représentant 1% de leur masse salariale à partir du 1er janvier 2010, en vertu d'un décret du mois de mai.

"L'objectif, c'est qu'il y ait zéro pénalité, mais qu'un maximum d'entreprises engagent des plans d'actions", avait déclaré en juin le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez.


Le plus gros à venir


Selon Martine Le Boulaire, membre du réseau Entreprise et Personnel spécialisé dans les ressources humaines, "peu d'accords ont été signés jusqu'alors, le plus gros est à venir, mais il ne faut pas en attendre trop d'avancées" pour l'emploi des seniors sachant que "la législation et le décret couperet vont à contre-cycle pour la plupart des entreprises", .

De nombreux plans de suppressions d'emplois continuent de prévoir des mesures d'âge pour faire partir les plus de 50 ans.


Enfin, la possibilité pour les employeurs de mettre des salariés à la retraite d'office entre 65 et 70 ans, supprimée au 1er janvier dernier dans la plupart des entreprises, disparaîtra dans les branches où elle était encore autorisée en vertu d'une convention collective.