C.G.T Saint Gobain Cognac

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Celui qui lutte peut perdre… celui qui ne lutte pas a déjà perdu…(À méditer) Tous ensemble, unis nous sommes plus forts.


la division du travail et la concentration des pouvoirs

Publié par caleb irri sur 1 Octobre 2009, 03:25am

Catégories : #Info sur le net

La division du travail a longtemps été considérée comme un des bienfaits du capitalisme, car elle rendait possible à la fois une augmentation de la productivité et une hausse de l’emploi. « Démocratisée » par Ford, elle permettait de payer convenablement les ouvriers travaillant à la chaîne, tout en s’assurant ainsi un retour sur ces salaires par l’intermédiaire de la consommation.


Le principe de la division du travail est simple, il consiste à découper une activité (comme la construction d’une voiture par exemple) en plusieurs postes distincts, ce qui implique pour l’ouvrier une plus grande dextérité acquise avec l’expérience, voire même la possibilité d’effectuer des avancées technologiques favorisant la productivité. Un ouvrier travaillant au même poste durant trente années devient inévitablement plus rapide, et finit par acquérir une sorte d’optimisation de ses gestes, de son positionnement, afin qu’il lui soit possible de faire le maximum de travail avec un minimum de contraintes.


Lorsque le système a été mis en place, il constituait par la relative bonne tenue des salaires et les possibilités de rendements une avancée non seulement économique, mais aussi sociale : nombreuses étaient les personnes se précipitant pour obtenir un poste, le tout fonctionnant somme toute assez correctement durant un bon nombre de décennies. Mais la science des hommes toujours avançant, et les besoins de profits se faisant toujours plus pressants, c’est peu à peu que l’homme fut mis en concurrence avec la machine, en ce sens que non seulement il fallait s’adapter à la machine permettant l’activité à un poste donné, mais aussi continuer à produire plus que ce que ferait une nouvelle machine susceptible de remplacer l’homme à son poste.

On réussit ensuite à déterminer la vitesse minimum qu’un poste devait fournir, en augmentant les cadences et en perfectionnant encore le système par la mise en place de la « parcellisation » de tâches. En élargissant l’application de ce système aux administrations, au tertiaire, au monde du travail dans son ensemble.


Bientôt les conditions de travail se hiérarchisèrent de plus en plus, et se durcirent au point de détruire chez l’homme toute vision globale de la tâche qui lui était dévolue. La division du travail a peu à peu multiplié les cellules, et le travail est devenu à la longue une de celles-ci, l’homme s’étant transformé en une sorte de simple connexion entre les différents éléments d’une tâche complexe.


Mais en visant toujours plus de productivité, le monde capitaliste n’a pas seulement contribué à l’exploitation de la force de travail des hommes, il s’est en même temps arrogé le droit de concentrer tous les pouvoirs entre ses seules mains.


Tout d’abord, en supprimant à l’homme la vision « globale » du travail auquel il participe, il lui a ôté la possibilité de comprendre le but de son activité, et ainsi l’hypothétique conscience de sa propre exploitation.


Ensuite, l’augmentation continuelle des cadences auxquelles il est assujetti et la répétition infinie de la même tâche effacent et annulent lentement toutes les possibilités de pouvoir en faire d’autres, et même de le vouloir. La division du travail abrutit les corps et les esprits, car les avancées techniques sont désormais prescrites par la direction, et les cadences par les calculs des « ingénieurs » au service du profit.

enfin, la division du travail a pour conséquence une sorte de “foi” en l’individualisme. A force d’avoir découpé le travail en séquences très courtes et très spécialisées, chaque individu se trouve centré sur lui-même et l’activité qu’il exerce. seuls ses propres résultats comptent, et son niveau de vie dépend de son propre mérite (sa “productivité”). Au bout de cette division règnent l’égoïsme et la concurrence, qui sont les apanages du capitalisme.


Le capitalisme est devenu le seul « grand ordonnateur » du monde du travail, et empêche toute contestation de sa méthode de gouvernance par l’opacité, par les murs dressés entre chaque poste de travail. Certains fonctionnaires travaillent à une tâche définie toute leur vie, parfois sans avoir aucune idée des conséquences de leur travail, ni la place de celui-ci dans le processus de production.

En ces temps de crise que nous traversons, on s’aperçoit à quel point les employés sont attachés à leur emploi, quand bien même celui-ci est asservissant et mal payé. Le côté financier est essentiel, mais nombreux sont ceux déclarant « ne rien savoir faire d’autre » ; et pour cause, la division du travail leur a ôté toute possibilité d’évolution et de compréhension globale. Enfermés qu’ils étaient dans la répétition et le respect des cadences, ils en ont oublié jusqu’à la possibilité que cela pouvait s’arrêter. et pire encore, qu’il pouvait y avoir d’autres moyens de produire, d’exister même.


La mondialisation est l’aboutissement de cette division du travail, dans laquelle l’homme est devenu un simple pion interchangeable et déshumanisé, au pied d’une gigantesque pyramide dont le sommet est formé de très peu d’hommes. Ces derniers concentrent entre leurs mains les pouvoirs de vie et de mort sur une multitude d’individus empêtrés dans leur spécialité, dans leur langage, dans leurs horaires, dans leurs lieux d’habitations ou de travail. ce ne sont plus des murs mais des abîmes qui séparent désormais les individus, tous tournés sur eux-mêmes, et qui finissent par ne même plus pouvoir, ni vouloir se comprendre… Le rassemblement n’est pas pour demain !

http://calebirri.unblog.fr

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