C.G.T Saint Gobain Cognac

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Celui qui lutte peut perdre… celui qui ne lutte pas a déjà perdu…(À méditer) Tous ensemble, unis nous sommes plus forts.


Taxe carbone : ce que disent les sondages et ce qu'ils ne disent pas

Publié par Arnaud Gossement sur 8 Septembre 2009, 09:25am

Catégories : #Actualité



Ces derniers jours, les commentaires se succèdent dans la presse pour laisser penser que les jeux sont faits :
les Français sont contre la taxe carbone. Sous-entendu : il ne serait plus nécessaire d'en débattre.

Ces affirmations s'appuient essentiellement sur deux sondages réalisés entre le 1er et le 3 septembre derniers, qui concluent à une franche hostilité de nos concitoyens à l'égard de cet outil fiscal vert. A l'appui des sondages, les médias nous proposent reportages, micro-trottoirs et éditoriaux où est démontré par A+B que la taxe carbone est nécessairement impopulaire.

Or les sondages ne disent que ce qu'on veut bien leur faire dire car rappelons, si besoin, que la réponse à un sondage est fonction de la question posée et des circonstances dans lesquelles elle est posée. Enfin, peut-être faudrait-il distinguer le sondage lui-même de l'interprétation qui en est faite.

Car en regardant de près ces sondages, ils ne racontent pas nécessairement la même histoire que celle que nous assènent certains commentateurs politiques et journalistes personnellement opposés à cette réforme.

Les sondés interrogés sur un projet pas encore ficelé

Premier paradoxe, comment savoir si les Français(es) sont contre alors même que le projet du gouvernement n'est pas encore définitivement calé ? Il ne sera annoncé que jeudi prochain, un peu à la manière d'un oracle, par Nicolas Sarkozy ?

Pourtant le sondage TNS Sofres / Logica pour Europe 1 est sans appel : 66% des personnes interrogées sont opposées à cette taxe. Outre le fait que le sondage porte sur un projet en cours d'élaboration, la question posée ne fait référence qu'à la « taxe » et pas à la redistribution. On notera également (en page 5 du sondage) que les personnes interrogées sont 43% à voir « vaguement de quoi il s'agit ». On peut ajouter : informées de quoi ? Du projet esquissé par la conférence Rocard ou du projet sur lequel planche le gouvernement ?

52 % des français sont pour !

Le problème du sondage Sofres tient donc à ce qu'il ne porte que sur l'un des deux volets de la taxe carbone : le volet « taxation » et pas sur le volet « redistribution ». Or, le mot « taxe » suscite généralement une réaction négative, a fortiori en temps de crise. Pas étonnant, l'opinion des personnes sondées semble changer dès lors que l'on parle compensation.

Regardons de près le sondage CSA pour l'association de consommateurs UFC-Que Choisir :

  • Interrogés de cette manière : « Afin d'inciter les consommateurs à réduire leur consommation d'énergie, il est envisagé de mettre en place une taxe, appelée “ taxe carbone ”, sur le prix des carburants et des énergies de chauffage (telles que le fuel, le charbon ou le gaz) », 74 % des sondés se déclarent défavorable.
  • A l'inverse, à la question : « Et si les sommes collectées par la taxe carbone étaient entièrement redistribuées aux ménages par le biais d'un chèque variable en fonction de leurs dépenses énergétiques et de leurs usages contraints, seriez-vous tout, plutôt, plutôt pas ou pas du tout favorable cette taxe ? », 52 % des personnes interrogées se déclarent… favorables. La preuve est donc faite que même en gardant le terme « taxe » dans le libellé de la question, les personnes sondées changent d'avis lorsque l'on parle de « chèque » et de redistribution.

Déjà deux sondages LH2 pour la Fondation Nicolas Hulot, réalisés à la veille de la conférence d'experts présidée par Michel Rocard précisait que les Français étaient favorables à la taxe carbone dès l'instant où le volet redistribution de l'outil leur était présenté.

Qui est responsable de la cacophonie ?

Ce qui est le plus intéressant dans ces sondages tient sans doute à ce que les Français en ont que « vaguement » entendu parler. Le déluge de déclarations politiques contradictoires plus ou moins démagogiques sur ce dossier a certainement créé une grande confusion. Surtout la communication gouvernementale sur le sujet a été très maladroite.

Prenant la main sur ce dossier au détriment du ministre de l'Ecologie, Eric Woerth, ministre du Budget n'a cessé de parler de « taxe » et de « taux » plus ou moins élevé et très peu de redistribution.

Le principal responsable de ce grand bazar est peut être Nicolas Sarkozy lui-même. C'est en effet le président de la République qui avait annoncé à la télévision que la taxe carbone avait pour vocation de remplacer la taxe professionnelle appelée à disparaître. Bref, la taxe carbone aurait donc servi à boucher un trou et non à aider les plus faibles.

Le gouvernement a beaucoup rétropédalé depuis lors mais le mal est fait.

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