C.G.T Saint Gobain Cognac

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Celui qui lutte peut perdre… celui qui ne lutte pas a déjà perdu…(À méditer) Tous ensemble, unis nous sommes plus forts.


Quand la Chine prépare sa « Grande Evasion » du piège Dollar pour la fin de l'été 2009

Publié par C.G.T Saint Gobain Cognac sur 24 Août 2009, 08:18am

Catégories : #Economie


Quand la Chine prépare sa « Grande Evasion » du piège Dollar pour la fin de l'été 2009
Selon LEAP/E2020, la prochaine étape de la crise sera déterminée par un rêve chinois. En effet, à quoi peut bien rêver Pékin pris, d'après Washington, dans le « piège Dollar » de ses 1.400 milliards d'actifs libellés en Dollars US ? D'après les dirigeants américains et leur cortège d'experts médiatiques, à rien d'autre qu’à rester prisonnier et même à renforcer cette condition carcérale en achetant toujours plus de Bons du Trésor et de Dollars US.

Pourtant, tout le monde sait à quoi rêve vraiment un prisonnier ? A s'évader bien sûr, à sortir de sa prison. Aussi, pour LEAP/E2020, il ne fait aucun doute que Pékin cherche sans relâche désormais à se débarrasser au plus vite de cette montagne d'actifs « toxiques » que sont devenus les Bons du Trésor US et la devise américaine sous laquelle 1 milliard 300 millions de Chinois ont leur richesse emprisonnée.

Et, comme dans tout récit d'évasion crédible, les candidats à la liberté ne passent pas leur temps à clamer sur tous les toits qu'ils vont « se faire la belle ». C'est même généralement le contraire puisqu'il s'agit d'endormir la vigilance des gardiens. Pour notre équipe, la déclaration chinoise du 24 mars dernier demandant le remplacement du dollar par une monnaie de référence internationale, était en fait à la fois un sondage et un avertissement : un sondage direct pour évaluer le rapport de force mondial (et notamment au sein du G20) autour de l'idée d'un basculement dans l'ère post-Dollar (1) et un avertissement constructif ou destructif (selon la réaction autour de cette idée) à tous les opérateurs financiers mondiaux. Tout joueur responsable (et Pékin en est un) prévient discrètement les autres joueurs qui peuvent lui être proches ou nécessaires s'il prépare un « grand coup ». Une «
Grande Evasion » (2) ne peut réussir qu'à condition d'être nombreux à la préparer (3) et à l'effectuer ; et de s'assurer que personne de bonne volonté ne risque de se trouver gravement sanctionné faute d'avoir été prévenu (4).

Deux estimations de l'évolution des réserves chinoises d'actifs étrangers (en milliards USD) - Sources : Banque Centrale de Chine / Brad Setser, 01/2009

Deux estimations de l'évolution des réserves chinoises d'actifs étrangers (en milliards USD) - Sources : Banque Centrale de Chine / Brad Setser, 01/2009


Toujours est-il que cette opération aura finalement servi à renforcer les autorités chinoises dans une quadruple conviction:

1. Un grand nombre d'autres membres du G20 soutiennent expressément l'idée du passage rapide (5) à l'ère post-Dollar, notamment la Russie, l'Inde, l'Afrique du Sud, l'Argentine, le Brésil, … Pékin ne sera pas seul lors du «
Grand Bond en avant » (6) dans l'ère post-Dollar. Bien au contraire, la Chine sera très bien accompagnée par une partie importante de l'Amérique latine, de l'Afrique et de l'Asie. D'ailleurs la mise en place des accords de Swap en Yuan avec plusieurs de ces pays prépare déjà le terrain (7).

2. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni refusent d'envisager toute évolution en direction d'une ère post-Dollar. La gaffe de Timothy Geithner, envisageant de discuter la proposition chinoise, a été vite corrigée par les dirigeants politiques américains mais elle est révélatrice d'une situation intéressante pour Pékin. Geithner étant l'un des hommes-clés de Wall Street dans l'équipe Obama, sa « gaffe » illustre combien les milieux financiers anglo-saxons sont finalement prêts à débattre de toute évolution qui leur assurerait de conserver leurs privilèges financiers, y compris si celle-ci passe par la fin de l’ « ère dollar ». Le « Mur Dollar » n'est pas très solide quand il est fondé sur « Wall Street » (la rue du Mur) car les opérateurs financiers sont très peu attachés au territoire (et cela ne date pas de la globalisation actuelle). Pour le reste, Washington refuse pour l'instant d'entendre parler du remplacement du Dollar US comme devise de réserve mondiale et croit aux propos rassurants des experts sur le sujet pour se rassurer sur l'avenir (8). On sait ce que cela a donné pour les subprimes, la bulle financière, les banques de Wall Street, AIG, TARP, la récession, …

3. Les Européens (hors Royaume-Uni) sont égaux à eux-mêmes et donc incapables de prendre une décision réellement forte par rapport à leur ancien protecteur américain (9). Alors ils font avec succès de la résistance pour ne plus suivre les directives de Washington ; mais ils sont incapables de mettre sur la table les questions qui fâchent les Etats-Unis. En revanche, par leurs multiples canaux, et de par leur nature structurellement multilatéralisme, il est tout aussi évident que, une fois l'ère post-Dollar devenue clairement irréversible, ils apporteront savoir-faire et lobbying pour pousser vers une devise internationale nouvelle, indépendante d'un Etat particulier. C'est bien pour cela que la Chine a lancé l'idée des DTS (10) comme alternative au Dollar, afin de montrer qu'elle serait ouverte à une alternative au Yuan (condition clé pour obtenir dans l'avenir un soutien européen).

4. Par ses effets d'annonce de plus en plus précis et audacieux, mais toujours très progressifs, voire suivis de vagues infirmations provenant de canaux de moindre poids mais vite relayées par la presse financière internationale, Pékin gagne une liberté croissante de parole (et donc de manœuvre car, en manière monétaire, la parole peut être une arme fatale ou au contraire un baume salvateur) sans pour autant affecter de manière significative les valeurs des Bons du Trésor et du Dollar US.

Et ce point 4 est bien l'exigence absolue des autorités chinoises actuellement : éviter un effondrement des Bons du Trésor et de la devise américaines avant de s'être « évadé » du « piège Dollar ». Pour LEAP/E2020, les mois qui viennent reflèteront en effet le sens exact que la Chine donne à cette exigence : est-ce un objectif ou est-ce une contrainte ? Si c'est un objectif, alors, Washington, Londres et les médias financiers internationaux ont raison : Pékin passera par les fourches caudines de Washington tout en essayant d'accroître son influence sur les décisions américaines. Si c'est une contrainte, en revanche, c'est notre équipe qui a raison et les dirigeants chinois tentent de se débarrasser des Bons du Trésor et des Dollars US au meilleur prix tant qu'une telle opération est possible (et ils ont déjà envisagé le « possible » avant de se lancer dans cette « évasion » du Dollar), c'est-à-dire, en évitant le plus longtemps « possible » de créer des turbulences risquant de faire baisser significativement les valeurs de ces deux actifs. Mais, à la différence de la première option, une fois que le champ du « possible » est épuisé, alors, brutalement, les dirigeants chinois contribueront à précipiter la fin de l'ère Dollar ; ou, plus probablement, ils annonceront sereinement que pour de multiples raisons indépendantes de leur volonté (11), ils ne peuvent plus jouer leur rôle de stabilisateur des déséquilibres américains.

Evolution des achats chinois d'actifs américains et des réserves chinoises (Vert : Bons du Trésor plus dépôts / Bleu : GSE (Fannie, Freddie, …) / Jaune : Actions/Obligations privées / Rouge : Evaluation annualisée des réserves) - Source : CFR

Evolution des achats chinois d'actifs américains et des réserves chinoises (Vert : Bons du Trésor plus dépôts / Bleu : GSE (Fannie, Freddie, …) / Jaune : Actions/Obligations privées / Rouge : Evaluation annualisée des réserves) - Source : CFR


Et notre anticipation en la matière se fonde sur des évolutions en cours depuis quelques mois qui valident nos analyses. En effet, depuis la fin 2008, les autorités chinoises ont entrepris de se « débarrasser » chaque mois de 50 à 100 milliards de leurs actifs libellés en Dollars US. Profitant des prix historiquement bas de nombreux actifs nécessaires à l'économie chinoise (mines, espaces agricoles, énergie, parts d'entreprises européennes ou asiatiques – pas américaines ce qui n'est pas un détail, … ), Pékin fait son « shopping », respectant ainsi sa contrainte première : valoriser au mieux ses actifs libellés en Dollars … c'est-à-dire, s'en « débarrasser » en les échangeant contre d'autres classes d'actifs, indépendantes des Etats-Unis, et permettant d'avancer rapidement sur le chemin de la « Grande Evasion ».

Nous soulignons la rapidité du processus. Malgré l'opacité des méthodes impliquées (condition sine qua non pour éviter une chute du Dollar et des Bons du Trésor avant le terme souhaité par Pékin), les excellents travaux conduits par MM. Brad W. Setser et Arpana Pandey et publiés en Janvier 2009 par le
Council of Foreign Relations, permettent d'explorer la très opaque comptabilité des réserves chinoises de change et de situer à plus de 2.300 milliards USD leur valeur totale fin 2008 (soit plus de 50% du PNB chinois (12)), dont près de 1.700 milliards en actifs libellés en Dollars US (900 milliards en Bons du Trésor, environ 550 milliards en bons des GSE (Fannie, Fredie, ...), près de 200 milliards en actifs privés et 40 milliards en dépôts à court terme). L'auteur conclut fort logiquement qu'il n'est plus du tout dans l'intérêt de Pékin de continuer à amasser ces sommes gigantesques qui sont de plus en plus risquées du fait des choix financiers et économiques réalisés par les Etats-Unis pour répondre à la crise (13) ; et pour lesquelles les ressources vont désormais manquer du fait de l'effondrement des excédents commerciaux et des flux d'investissements étrangers.

En haut : Evolution des réserves chinoises de change et de la part des actifs américains / En bas : Evolution des mêmes valeurs en pourcentage - Source : BCA Research, 12/2008

En haut : Evolution des réserves chinoises de change et de la part des actifs américains / En bas : Evolution des mêmes valeurs en pourcentage - Source : BCA Research, 12/2008

En toute logique, Pékin entreprend de se débarrasser au plus vite dorénavant de cet immense excédent de réserves de changes qui maintient les dirigeant chinois prisonniers des décisions américaines sans plus y trouver d'intérêt pour leur pays comme le décrit admirablement Rachel Zembia dans un article publié dans RGE Monitor du 21/02/2009 : prêts à taux préférentiels aux pays de l'Asean (14), accords de swap, autorisations à 400 grandes entreprises chinoises de commercer en Yuan avec les pays d'Asie (15), prêts aux états africains et à la Russie, négociation de tarifs préférentiels à long terme sur le pétrole avec les états du Golfe persique, prêts aux compagnies pétrolières du Brésil et d'Abou Dhabi, parts d'entreprises européennes et japonaises (pas américaines ce qui n'est pas un hasard), ... L'auteur souligne ainsi que ces accords impliquent apparemment une garantie d'accès à ces ressources pour les compagnies chinoises. Cela illustre la nature fondamentale de l'opération : contrairement aux apparences, Pékin tente seulement, sans le dire publiquement, de se débarrasser au plus vite de ses Dollars et Bons du Trésor US contre des actifs dont le pays a besoin à long terme et qui sont à des prix historiquement bas … tout cela tant que le reste du monde accepte encore les Dollars et que les Bons du Trésor ont encore une valeur significative.

Pour ce qui est des Bons du Trésor des Etats-Unis, la Chine, qui n'en achète plus beaucoup désormais (le montant des achats a baissé de 146 milliards USD au premier trimestre 2009 par rapport à la même période l'année dernière, représentant un accroissement de seulement 7,7 milliards USD (16) !), n'achète dorénavant plus que des Bons à court terme (trois mois) (17) !

Entre la quasi-cessation de ses nouveaux achats de Bons du Trésor et ses « courses mondiales » qui semblent évoluer à un rythme croissant dépassant les 50 milliards USD/mois (en intégrant les accords de Swap), entre la fin 2008 et la fin de l'été 2009, la Chine aura donc écoulé près de 600 milliards de ses réserves libellées en Dollars US ; et elle aura refusé d'acheter un montant compris entre 500 et 1.000 milliards de nouveaux Bons du Trésor US que l'administration Obama commence à essayer de placer sur les marchés internationaux pour financer les gigantesques déficits publics. Pour LEAP/E2020, ce sont ces deux sommes qu'il faut additionner pour évaluer l'impact de Pékin sur l' « ère Dollar » à la fin de l'été 2009, à la fin de l'année fiscale américaine : à elle seule la Chine représentera un « trou » allant de 1.100 à 1.600 milliards USD dans les besoins de financement des Etats-Unis. Ben Bernanke va devoir multiplier les Dollars pour tenter (en vain) d'éviter la banqueroute du pays.

Evolution de la base monétaire des Etats-Unis - Source : Réserve fédérale US, 03/2009

Evolution de la base monétaire des Etats-Unis - Source : Réserve fédérale US, 03/2009


Sachant que, lorsque Ben Bernanke annonce que la Fed va acheter elle-même des Bons du Trésor US, la valeur de ces actifs perd 10% en une journée, soit 140 Milliards USD, par rapport aux autres devises mondiales, nul besoin d'un grand effort d'imagination pour penser que les dirigeants chinois considèreront comme acceptable le sacrifice de 400 ou 500 milliards USD.

De toute façon, selon LEAP/E2020, à ce stade, ils estimeront avoir poussé au maximum « possible » la contrainte de valorisation de leurs actifs libellés en Dollar. Ensuite, autant faire partie de ceux qui « appuient » sur le bouton, ou qui ne font rien pour l'en « empêcher ». La « Grande Evasion » de la Chine hors du Dollar passera alors à sa seconde phase, qui dépendra en partie de l'attitude des autres acteurs clés : vers l'ascension du Yuan comme devise internationale de réserve parallèlement à l'Euro, au Yen, au Rouble, au Real ou bien vers l'accélération de la mise en œuvre d'une nouvelle devise référence fondée sur un panier de ces devises. Le Dollar sera alors hors course et le G20 réduit à un G18 (sans les Etats-Unis et le Royaume-Uni, mais avec le Japon qui dans ces conditions ne pourra plus désormais échapper à l'orbite chinoise) ; sinon ce sera la dislocation géopolitique généralisée, comme décrite dans le scénario de la crise longue et tragique dans le GEAB N°32, autour de blocs économiques fondés chacun sur des devises références spécifiques.

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Notes:

(1) Les conversations de couloir du G20 de Londres ont bruissé de discussions bilatérales autour du sujet de l'après-Dollar. Notre propre initiative (Lettre Ouverte aux dirigeants du G20) et ses multiples retours ont permis de le vérifier. Dans ces conditions, nul doute que le communiqué de la banque centrale chinoise a été au cœur des discussions sérieuses (pas celles du G20 « médiatique») pendant et après le sommet de Londres.

(2) Le film du même nom, tiré d'un fait réel, ne démontre pas autre chose. Et dans la réalité, c'est le manque de préparation minutieuse qui a conduit à l'échec partiel de l'évasion.

(3) D'ailleurs pour bien se préparer, Pékin vient de lancer un think-tank dédié à la crise économique mondiale pour aider les dirigeants chinois à faire leurs choix. Outre le trafic fortement croissant venu de Chine (et du Japon, incluant notamment les traductions spontanées sur de nombreux sites et blogs de nos communiqués publics) qu'enregistre LEAP/E2020 depuis la fin 2008, c'est une autre initiative qui indique une volonté de s'abstraire des analyses américaines ou britanniques sur la crise et ses conséquences qui jusqu'à présent constituaient 90% des analyses « consommées » par les experts chinois. Source :
ChinaDaily, 21/03/2009

(4) D'ailleurs tous les principaux acteurs savent que les flux de capitaux fuient désormais les Etats-Unis au moment même où les besoins en capitaux étrangers « explosent » du fait des déficits publics gigantesques. En Janvier 2009, le flux net des sorties de capitaux hors du territoire américain a ainsi été de 150 milliards USD. Source :
US Department of Treasury, 16/03/2009.

(5) Et là nos chercheurs estiment qu'on parle en mois et non en années (comme voudraient le croire les experts qui « concèdent » qu'il y a bien un problème avec le statut du Dollar) car l'immensité des déficits américains désormais incontrôlables fait peser une menace à court terme sur tout le système monétaire international.

(6) Ce grand saut politique chinois de la fin des années 1950 a eu des effets collatéraux désastreux (des dizaines de millions de morts du fait de la famine induite) ; mais rien aujourd'hui ne peut permettre de penser que la direction politique du PC chinois n'est pas prête à prendre un tel risque si elle estime que sa pérennité au pouvoir et la stabilité interne du pays sont à ce prix. Les analystes américains et européens qui prétendent savoir ce que pensent les dirigeants chinois ont la fâcheuse tendance à les penser à leur image. Or, pour notre équipe, l'entrée dans l'ère post-Dollar (organisée via une nouvelle devise de référence mondiale fondée sur un panier de devises ; ou chaotique, via une sortie brutale et non négociée hors de l'ère Dollar) est d'abord une entrée dans une ère post-européenne (ou post-occidentale si l'on considère une spécificité américaine en matière de valeurs fondamentales par rapport à l'Europe) : et une telle ère réserve de grandes surprises aux européo-centristes ou occidento-centristes. Pour s'en convaincre, il suffit de lire les propos édifiants du patron de la banque centrale chinoise sur la « supériorité du système chinois ». Source :
MarketWatch, 26/04/2009

(7) Après la Corée du Sud, la Malaisie, l'Indonésie, c'est maintenant au tour de l'Argentine d'avoir signé un accord de
Swap pour un montant équivalent à 14,5 milliards USD dans leurs devises respectives. Cela permet aux entreprises des deux pays d’éviter d'utiliser le Dollar US pour ces échanges et renforce hors d'Asie le rôle croissant du Yuan comme devise-pivot des échanges. Source : AustralianNews, 01/04/2009

(8) Cet article du
Los Angeles Times, du 03/04/2009, est l'un des plus ouverts en la matière ! Mais il est vrai que la Chine est bien plus proche de Sunset Boulevard que de la Beltway.

(9) Nous disons « ancien protecteur » car le sommet de l'OTAN l'a encore démontré, les Européens et les Etats-Unis ne s'entendent plus du tout sur la nature des menaces. La guerre en Afghanistan devient de plus en plus une guerre américaine tandis que les Européens sont surtout préoccupés de réorganiser au mieux leurs relations stratégiques avec Moscou. En résumé, l'Alliance (avec la France réintégrée, comme d'ailleurs notre équipe l'avait annoncé dès l'élection de Nicolas Sarkozy) n'est plus qu'un club du troisième âge sans finalités communes autre que passer le temps et prétendre qu'on est toujours aussi liés qu'il y a 60 ans. Mais « la vieillesse est un long naufrage » comme le disait … Charles de Gaulle.

(10) Idée irréaliste en fait car les
DTS ont été tués par les Etats-Unis il y a près de 40 ans. Il faudrait lancer une devise vraiment nouvelle pour espérer avoir une chance de réussite, sans compter qu'avec un nom de cette nature « Droits de Tirage Spéciaux », toute popularité est déjà hors de question en-dehors du cercle restreint des experts des questions monétaires.

(11) Et dont ils tiendront les Etats-Unis responsables en fait : déficit exorbitant, incapacité à créer la relance, … les causes ne manqueront pas à la fin de l'été 2009.

(12) A ce propos, notre équipe souhaite souligner que malgré les discours enthousiasmants des dirigeants chinois, la situation économique de la Chine n'a aucune chance de s'améliorer substantiellement dans l'année à venir. Entre l'effondrement des exportations, la bulle immobilière à la veille d'exploser et le chômage qui enfle, le PNB chinois va probablement rester stationnaire en 2009 (ou avec une maigre hausse de 2% à 3%). Cette situation ne peut que renforcer la volonté de Pékin de tourner le dos au plus vite aux stratégies qui ont conduit le pays dans cette impasse … et le bouc émissaire est tout trouvé. Sources :
Financial Times, 13/04/2009 ; Chinaview, 02/04/2009 ; New York Times, 02/04/2009 ; ChinaDaily, 19/03/2009

(13) La question par exemple de la notation AAA pour les Etats-Unis est vraiment une farce comme le décrit cet article publié dans
SeekingAlpha le 30/03/2009. Tout le pays, entreprises, ménages, institutions publiques, est en train de passer en junk bonds … mais pas le sommet, le gouvernement fédéral ! Les agences de notation (toutes américaines) ont bien mérité de recevoir plus de 400 millions USD du gouvernement fédéral pour l'aider à évaluer les actifs toxiques qu'il va racheter aux banques pour 1.000 milliards USD … actifs qu'avaient noté bien entendu AAA pour la plupart ces mêmes agences de notation il y a seulement deux ans. Mais Pékin a bien saisi désormais, comme le reste de la planète d'ailleurs, l'escroquerie en cours sur ces valeurs. Source : BusinessInsider, 07/04/2009

(14) Source :
MarketWatch, 12/04/2009

(15) Sources:
ChinaDaily, 12/04/2009

(16) Source :
ChinaDaily, 11/04/2009

(17) Comme l'indique Brad Setser, en 2008, la Chine a absorbé près de la moitié des achats étrangers des Bons du Trésor émis par les Etats-Unis.

Lundi 27 Juillet 2009
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