C.G.T Saint Gobain Cognac

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Celui qui lutte peut perdre… celui qui ne lutte pas a déjà perdu…(À méditer) Tous ensemble, unis nous sommes plus forts.


Baisse des prix: c'est tout sauf une bonne nouvelle!

Publié par Hervé Nathan sur 18 Juin 2009, 17:34pm

«Si c'est moins cher les gens pourront acheter plus» : en vertu de ce raisonnement simpliste, Christine Lagarde explique à qui veut l'entendre que la baisse des prix est une bonne nouvelle pour les chômeurs. Rien n'est plus faux.

C’est le dernier bobard économique à la mode : la baisse des prix serait une bonne nouvelle pour les chômeurs ! Il faut être Christine Lagarde pour croire une telle fable et déclarer, avec son élégance habituelle : « le repli temporaire des prix agit comme un facteur de soutien à la consommation dans le contexte difficile de remontée du chômage ». Le raisonnement de Bercy est simple : le pouvoir d’achat des ménages étant égal à la différence entre les revenus et les prix, la baisse des prix (-03% sur un an, en mai 2009) équivaut ipso facto à un gain de pouvoir d’achat, et donc de maintien de la consommation des ménages. Trop simple, hélas, pour être vrai. Car la mauvaise nouvelle est tombée la semaine dernière : pour la première fois depuis 1968 et sa grève générale, la masse salariale de la France a baissé de 2,2% au premier trimestre 2009. C’est le résultat des destructions d’emplois (350000 postes perdus) de la montée du chômage partiel (183000 personnes) et des baisses de salaires nominaux.

Une perte de 7,5 milliards d’euros de revenus pour les ménages, annonciatrice de la déflation par les coûts de production, loin d’être entièrement compensée par les filets sociaux comme l’assurance chômage ou la prime de 200 euros distribuée aux Rmistes (600 millions d’euros). Déjà on prédit que le pouvoir d’achat global des Français, celui qui prend en compte les revenus des salaires, de l’épargne et des transferts sociaux va stagner en 2009. Stagner est une façon de parler car il faut ajouter un facteur : la croissance démographique. Comme nous sommes de plus en plus nombreux, le gâteau réputé « stagnant », se rétrécit en fait pour chacun d’entre nous ! C’est bien une phase d’appauvrissement généralisé qui se joue en ce moment. Et il suffit de téléphoner aux associations d’aide aux démunis, Banque alimentaire, Croix rouge, resto du Coeur, pour rendre concret ce que nous disent les statistiques : « nous rencontrons depuis le début de l’année de nouveaux publics dans nos épiceries, des jeunes travailleurs, de jeunes couples des retraités, qui jusqu’à présent ne venaient pas chez nous pour obtenir de quoi se nourrir… », disent-elles.

Selon Xavier Timbeau, directeur des études à Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), avec la montée du chômage, ce mouvement de réduction des revenus du travail devrait s’accentuer dans les mois à venir : « à ce moment-là les pertes en revenus auront dépassé de loin les légers gains dûs à la baisse des prix sur certains produits comme l’automobile ». On peut aussi compter sur des entreprises comme Osram ,en Alsace, qui a décidé de licencier 108 salariés ayant refusé de réduire leurs salaires, pour accentuer le mouvement de dépression des revenus salariaux. Le pire est sans doute devant nous : tous les économistes s’accordent à penser que, au second semestre, les prix devraient recommencer à grimper, puisque le prix du baril de pétrole, stabilisé un temps à 70 dollars, revient tester des niveaux spéculatifs dès qu’une reprise, pourtant tout à fait improbable, est annoncée par les médias. En économie on appelle cela un effet de ciseau. Attention, ça fait mal.

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