

Le magazine Alternatives
économiques publie, cette semaine, une enquête qui montre que 100 % des multinationales françaises du CAC 40 ont des filiales dans les paradis fiscaux et judiciaires. Ces outils servent à mettre
des bénéfices à l'abri de l'impôt mais aussi parfois à rémunérer en liquide des personnes qui facilitent l'obtention d'un contrat.
Des Bermudes à la Suisse en passant par Panama, toutes les grandes entreprises françaises possèdent des filiales dans les paradis fiscaux. C'est ce que révèle notre enquête sur la présence des entreprises du CAC40 dans les centres financiers « offshore ».
Voir
le tableau complet : les sociétés du CAC40 implantées dans les paradis fiscaux.
Retrouvez notre enquête complète, avec l'analyse détaillée de la présence des banques françaises et anglo-saxonnes dans les paradis fiscaux, dans le prochain numéro d'Alternatives Economiques (en kiosque début avril).
A lire aussi : le dossier
documentaire sur le paradis fiscaux.
Alors que les paradis fiscaux sont de plus en plus montrés du doigt et constituent un sujet clé des discussions du G20 sur la régulation du capitalisme, l'enquête menée par Alternatives
Economiques montre que toutes les entreprises françaises du CAC 40 sont fortement présentes dans les pays offrant des services financiers de type « paradis
fiscaux » [1] . Avec pratiquement 1 500 filiales offshore, réparties sur près d'une trentaine de territoires, des Bermudes
à la Suisse en passant par Malte et Panama et... le Royaume-Uni.
Le secteur financier se révèle être le plus engagé dans les paradis fiscaux. BNP Paribas, le Crédit agricole et la Société générale disposent de 361 entités offshore. Si l'on y
ajoute les Banques populaires, Dexia et la Banque postale (présente au Luxembourg), on atteint un total de 467 entreprises. Ce qui représente, en moyenne, 16 % des entreprises de ces
six groupes. Les banques françaises s'installent dans les centres financiers offshore pour faire fructifier discrètement et au moindre coût fiscal le patrimoine des personnes aisées,
gérer les salaires des cadres à haut revenu en dehors du regard du fisc, accompagner les stratégies internationales des multinationales qui pratiquent « l'optimisation fiscale ».
Mais notre enquête montre aussi que toutes les banques françaises ne font pas appel aux paradis fiscaux avec la même ampleur. BNP Paribas est, de loin, le plus mauvais élève du secteur et du
CAC 40. Pourquoi cette banque a-t-elle besoin d'une présence plus de trois fois plus importante que la Société générale dans ces territoires douteux ? En dépit de contacts téléphoniques
répétés, il ne nous a pas été possible d'obtenir de justifications. Une banque du secteur mutualiste comme les Banques populaires ne se distingue pas des autres : elle est même présente dans
les îles Caïmans, à Malte et à Panama, dont la réputation est plus que sulfureuse.
BANQUES : UN APPETIT VARIE POUR LES PARADIS FISCAUX
Source : Alternatives Economiques, documents de référence des entreprises concernées 2007 ou 2008
Au-delà du secteur bancaire, notre enquête révèle que toutes les multinationales françaises sont implantées dans les paradis fiscaux. Les plus mauvais élèves étant (en valeur absolu comme en
pourcentage) LVMH, Schneider, PPR, France Télécom, Danone, Pernod et Capgémini. Les entreprises françaises suivent la voie de leurs concurrentes : à partir des données de la Cnuced, on peut
montrer qu'un tiers du stock d'investissements à l'étranger des multinationales se situe dans les paradis fiscaux.
Les principaux paradis fiscaux
Sept territoires offshore concentrent à eux seuls 90 % de la présence française : le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suisse, le Luxembourg, Singapour, l'Irlande et Hongkong. La City de Londres confirme sa première place en la matière. Certes, toutes les entreprises françaises, y compris les banques, qui sont présentes à Londres ne le sont pas uniquement pour bénéficier des activités parasites de la finance britannique. Mais le fait d'avoir 13 filiales pour EADS, 21 pour Peugeot (8 seulement pour Renault) ou encore 43 pour Schneider ne s'explique pas uniquement par la nécessité d'être présent sur le marché britannique. Créer une société écran à la City coûte aujourd'hui environ 250 euros. C'est aussi ce genre de services que viennent y chercher les multinationales de tous les pays pour y minimiser leurs impôts, gérer une partie des revenus de leurs dirigeants, etc.
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LES ENTREPRISES FRANÇAISES DANS LES PARADIS FISCAUX
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|
Nombre de filiales dans les paradis fiscaux |
En % du nombre total de sociétés dans le groupe |
|
|
BNP Paribas |
189 |
23 |
|
LVMH |
140 |
24 |
|
Schneider |
131 |
22 |
|
Crédit agricole |
115 |
19 |
|
PPR |
97 |
17 |
|
Banque populaire |
90 |
9 |
|
France Telecom |
63 |
24 |
|
Société générale |
57 |
17 |
|
Lagardère |
55 |
11 |
|
Danone |
47 |
23 |
|
EADS |
46 |
19 |
|
Peugeot |
39 |
11 |
|
Carrefour |
32 |
6 |
|
Pernod |
32 |
24 |
|
Capgemini |
31 |
24 |
|
Unibail |
31 |
20 |
|
Axa |
28 |
22 |
|
Michelin |
27 |
18 |
|
Air liquide |
22 |
8 |
|
Essilor |
22 |
10 |
|
L'Oréal |
22 |
9 |
|
Bouygues |
18 |
18 |
|
Sanofi Aventis |
18 |
14 |
|
Renault |
16 |
11 |
|
Dexia |
15 |
33 |
|
Accor |
11 |
11 |
|
Lafarge |
11 |
12 |
|
Saint-Gobain |
11 |
14 |
|
GDF Suez |
9 |
13 |
|
EDF |
8 |
12 |
|
Veolia |
8 |
7 |
|
Alstom |
6 |
15 |
|
Alcaltel Lucent |
5 |
14 |
|
Vallourec |
5 |
8 |
|
Suez environnement |
4 |
10 |
|
Vivendi |
4 |
11 |
|
Auchan |
3 |
5 |
|
Arcelor Mittal |
1 |
13 |
|
Banque postale |
1 |
6 |
|
Total |
1 470 |
16 |
Source : Alternatives Economiques, à partir des documents de référence 2007 ou 2008
Pour aller plus loin : le dossier documentaire sur le paradis fiscaux.
Christian Chavagneux et Marie-Salomé Rinuy 11 Mars 2009
(1)
Périmètre de l'étude : les entreprises du CAC 40 moins Air France-KLM, STMicroelectronics, Total et Vinci, pour lesquelles les informations ne sont pas disponibles. Inclus Auchan,
Banques populaires (avant la fusion avec les Caisses d'épargne pour lesquelles les données ne sont pas disponibles) et la Banque postale. Les données BNP Paribas n'intègrent pas la banque
Fortis. <
Tableau : Paradis fiscaux, où sont les entreprises françaises ?
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