C.G.T Saint Gobain Cognac

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Saint-Gobain vend Verallia, les verriers sont inquiets

Publié par C.G.T Saint Gobain Cognac sur 11 Décembre 2014, 12:27pm

 

 

 

 

 

 

Saint-Gobain annonce vouloir céder sa filiale Verallia, présente dans 13 pays. Le « processus concurrentiel de mise en vente » doit être bouclé avant l’été 2015.

 

 

L'industrie cognaçaise est une nouvelle fois bousculée par le grand jeu de Monopoly de l'économie mondiale. La verrerie de Châteaubernard - qui emploie 357 personnes et produit 2 millions de bouteilles chaque jour - devrait très bientôt changer de propriétaire, comme les 31 autres usines de Verallia en Europe, au Brésil, au Chili et en Algérie.

Lundi, Saint-Gobain a en effet annoncé mettre en vente sa filiale Verallia, présente dans 13 pays, employant environ 10 000 salariés et réalisant un chiffre d'affaires de 2,435 milliards d'euros. Le « processus concurrentiel de mise en vente » est lancé ; un accord avec l'acheteur doit être signé avant l'été 2015, dit un communiqué officiel du groupe.

« J'ai appris la nouvelle dimanche soir, tard. Depuis, mon téléphone sonne sans arrêt. Les verriers sont très inquiets », assure Dominique Spinali (CGT), syndicaliste à Châteaubernard, mais aussi délégué central au sein de Verallia-France. « J'en saurai un peu plus lors d'une réunion du comité central d'entreprise, jeudi prochain, à La Défense, mais ce qui se dessine est très clair : Saint-Gobain nous brade pour s'offrir l'entreprise suisse Sika ! »

 

Recentrage sur le bâtiment

Lundi, le Pdg de Saint-Gobain n'a pas seulement dit vouloir céder Verallia ; Pierre-André de Chalendar a mis 2,3 milliards d'euros sur la table pour prendre le contrôle de Sika, le leader mondial des produits chimiques pour le bâtiment, spécialiste des joints et adhésifs industriels. L'opération, via le rachat d'une holding, est astucieuse. Elle ne porte que sur 16,1 % du capital mais 52,4 % des droits de vote de Sika. Cela provoque d'ailleurs la colère des Suisses qui n'entendent pas se laisser ainsi croquer, mais c'est une autre histoire qui nous éloigne de Châteaubernard.

Pour Dominique Spinali, pas de doute, Sain-Gobain veut financer l'acquisition de Sika par la vente de Verallia. « Le groupe se recentre sur la construction et l'habitat, jugés plus rentables. Il y a longtemps qu'il veut abandonner le verre creux. Tout a commencé en 2010, quand le nom Saint-Gobain Emballage a été abandonné et que la marque Verallia a été créée. Toutes les conditions étaient réunies pour que nous soyons un jour vendus ! »

Les événements donnent plutôt raison au syndicaliste : en 2011, Saint-Gobain avait souhaité ouvrir le capital de sa filiale emballage verre. Mais c'était la crise et l'entrée en bourse échoua. Plus récemment, Saint-Gobain a vendu toute la division nord-américaine de Verallia à la société Ardagh, un verrier irlandais basé au Luxembourg. La transaction s'est élevée à 1,7 milliard de dollars.

« À l'époque, l'ensemble de Verallia valait grosso modo 4 milliards d'euros. Depuis que Verallia North America a quitté le giron de Saint-Gobain, nous ne sommes plus les leaders mondiaux du secteur. Le risque, aujourd'hui, c'est que nous soyons vendus ‘‘à la découpe'', division par division, région par région, et que le siège social quitte la France. Qui peut nous racheter ? Un concurrent ? Ardagh, qui s'est déjà beaucoup endetté ? Des fonds de pension, dont on connaît le féroce appétit en matière de retour de cash… La CGT sera vigilante et appelle à la mobilisation, au-delà des clivages syndicaux et des catégories de personnel ! »

Cité par « Le Figaro », Laurent Guillot, directeur financier de Saint-Gobain, a dit mardi « attendre de Verallia un prix supérieur à celui payé pour Sika ».

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